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Jakarta

régression démocratique

 


Claudine Castelnau

 

28 avril 2017

Le 20 avril, l’AFP titrait sur « Jakarta ou la régression démocratique » en rendant compte de la décision du parquet de Jakarta de requérir deux années de mise à l’épreuve contre le gouverneur chrétien de la capitale indonésienne, jugé pour insultes à l’islam, au lendemain des élections pour la place de gouverneur qu’il a perdues au profit du candidat musulman.

Il faut remonter à l’historique de cette « régression démocratique » dont parle l’AFP. Voilà des mois que le gouverneur de Jakarta Basuki Tjahaja Purmanan, plus connu sous le surnom d’Ahaok était harcelé par les musulmans intégristes indonésiens, accusé de blasphème contre l’islam et que des manifestations monstres avaient lieu, contre lui, à Jakarta.

Ahok avait été reconnu par le procureur en chef « coupable d’avoir commis un acte délictuel » et exprimé « de l’hostilité, de la haine ou de l’humiliation à l’égard d’une partie de la population indonésienne. » Il était donc jugé pour blasphème, pour avoir déclaré en septembre 2016 que l’interprétation par certains oulémas (théologiens musulmans) d’une sourate du Coran selon laquelle un musulman ne peut être dirigé par un non musulman, cette interprétation était erronée.

Ahok, doit-on ajouter, est deux fois minoritaire : d’origine chinoise, peu aimée en Indonésie entre autres, et il est chrétien, protestant réformé. Evidemment, cette affaire de blasphème a plâné sur les élections d’autant qu’il était le premier gouverneur non musulman et de plus chinois depuis 1945 et l’indépendance de l’Indonésie, colonie néerlandaise jusque là.

L’accession d’un chrétien au pouvoir avait été dénoncé par les islamistes et ils avaient porté plainte contre Ahok qui a comparu plusieurs fois devant la justice, rappelant que durant son mandat il avait œuvré sans discrimination religieuse pour améliorer la distribution et surtout la qualité de l’eau aux pauvres, leur procurant des logements bon marché, faisant construire plusieurs mosquées, aidant de nombreuses écoles islamiques et créant des madrasas (écoles coraniques), etc et relevant que toute cette campagne contre lui n’était sûrement pas étrangère à la campagne électorale en cours.

Le site Al Jazeera, télévision du Qatar, notait en janvier que « dans ces 20 dernières années, la loi sur le blasphème a été de plus en plus utilisée contre les minorités religieuses en Indonésie. » Al Jazeera prédisait que « si Ahok n’est pas réélu, c’est sûrement une certaine idée d’un islam pacifique envers les minorités religieuses qui cède [en Indonésie] devant la montée grandissante de l’intolérance mais aussi une alliance inquiétante des militaires, des organisations musulmanes militantes extrémistes, des groupes paramilitaires et autres conservateurs qui prennent le pouvoir. »

Interrogé par Al Jazeera sur l’avenir de la liberté religieuse et de la tolérance en Indonésie, Ahok s’était montré optimiste : « L’islam en Indonésie, expliquait-il, veut promouvoir prospérité et bénédiction à toutes les créatures. Que vous soyez musulman, chrétien, hindou, vous serez toujours Indonésien. Et je suis sûr que la majorité de ce pays tient encore à cette idéologie. Après cette affaire, cela se renforce. Nous comprenons que nous devons nous impliquer. Nous sommes une nation tolérante. »

Ahok a été condamné à deux années de mise à l’épreuve et un an de prison s’il commet un délit durant cette période. La sanction est donc injuste mais inférieure à ce que craignaient les observateurs. Le jugement définitif devrait être prononcé en ce mois de mai.

Selon le recensement de 2010, 87,2 % des Indonésiens sont musulmans, les chrétiens sont la première minorité religieuse, représentant 10 % de la population (7 % de protestants et 3 % de catholiques) et bien intégrés.
1,7 % sont hindouistes, 1,3 % autres ce qui inclut le bouddhisme, le judaïsme, le christianisme orthodoxe, l'animisme et le confucianisme, ce dernier reconnu comme religion depuis 2000.
Il y a aussi 200 000 ahmadis une minorité réformiste issue de l’islam, hérétique pour les musulmans traditionnels, souvent persécutée dans les régions fortement islamisées d’Indonésie.

Jusqu'en 2015, il était interdit d'être athée. Les Indonésiens étaient obligés de choisir l'une des religions officielles pour remplir leur formulaire de demande de carte d'identité. Cette mention obligatoire avait été imposée par le Président Suharto (1966-1998) pour combattre le communisme. En effet, les communistes étant supposés être athées, chaque Indonésien devait fournir la preuve qu’il appartenait à une religion. En 2015, la mention de l’appartenance religieuse a été supprimée. Mais le mariage civil est toujours interdit de même que les mariages entre gens de religion différente.


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