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Pakistan


Les soufis

 


Claudine Castelnau

 

3 avril 2017

20 personnes ont trouvé la mort et quatre autres ont été blessées ce dimanche, dans un sanctuaire soufi au Pakistan, dans la provine du Penjab, l’un des quatre provinces du pays, limitrophe de l’Inde. Le gardien du site paraît être le coupable mais des hommes armés de bâtons et de couteaux ont participé au massacre. Le Premier ministre du Penjab a demandé un rapport de police sous 24 heures.

Et c’est de violence qu’il faut parler encore une fois dans ce pays. Violence intercommunautaire, violence religieuse. En février dernier, rappelle le site de 20minutes.

70 personnes avaient déjà perdu la vie dans une attaque à la bombre d’un autre sanctuaire soufi dans le sud du Pakistan. « Visiter les sanctuaires, en laissant au passage une offrande en liquide à leurs gardiens est une pratique très répandue, relève 20 minutes. Les fidèles y font généralement un don à destination des nécessiteux, ce qui doit en retour aider à ce que leurs prières soient entendues. »

Et si les tueries à l’intérieur des sanctuaires étaient extrêmement rares, 20minutes remarque que « des mouvements comme les talibans ou le groupe djihadiste Etat islamique (EI) ont pris pour cible ces derniers temps les sanctuaires soufis, un courant [de l’islam] qu’ils jugent hérétique. Pendant des siècles, le soufisme a dominé le territoire formant aujourd’hui le Pakistan. Mais cette branche mystique et tolérante de l’islam [...] a été supplantée ces dernières décennies par des versions plus conservatrices de la religion. »

 

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En 2015, Le Monde avait publiée une interview de Faouzi Skali, l’un des plus grands spécialistes du soufisme, cette tradition ésotérique de l’islam, sous le titre « Le soufisme, un rempart à la barbarie des extrémistes »

Le Monde remarquait que « dans l’ensemble du monde musulman, de l’Asie à l’Afrique, la culture soufie est très largement majoritaire. Pourtant, son patrimoine spirituel, artistique et littéraire demeure souvent absent de la vie publique. »

Et Faouzi répondait que effectivement « L’islam, dans sa dimension spirituelle et culturelle nous entendons peu parler mais que pourtant c’est le quotidien de centaines de millions de personnes. Les tragiques événements récents, commis par des individus qui se revendiquent d’une idéologie wahhabite et d’une conception réductrice et extrémiste de la religion, monopolisent l’attention de l’opinion publique. Les musulmans eux-mêmes ne se reconnaissent pas dans cet islam. Comment s’identifier à ces actes barbares perpétrés à Mossoul, au nord du Nigeria, à Paris ou ailleurs ? Il y a un effet d’optique qui inverse la réalité de l’islam vécu et pratiqué. Il me semble donc que le soufisme a besoin d’être soutenu, expliqué, débattu, pour faire valoir sa réalité dans le quotidien. »

La spiritualité peut-elle faire face aux pulsions destructrices ? Faouzi répond « Il est urgent de changer la perception de l’islam car certains musulmans peuvent finir par croire que la réalité est celle des écrans d’ordinateurs qui diffusent les crimes filmés par les extrémistes eux-mêmes. Il faut voir le désarroi de nombreux musulmans qui ne comprennent pas le rapport de Daech avec l’islam. »

Lorsqu’on dit que l’islam est tolérant et ouvert aux autres religions, cela ne peut-il sembler un discours minoritaire et un peu naïf, demande-t-on au chercheur. « Il me semble crucial de réveiller cette tradition de l’islam spirituel qui est le quotidien de centaines de millions de personnes. »

Est-ce pour contrer l’influence du wahhabisme dont l’Arabie Saoudite est exportatrice ? « Ce serait trop restrictif de dire que c’est pour contrer le wahhabisme dont l’histoire, très récente [18e siècle], ne peut être comparée à la richesse du patrimoine soufi [né en même temps que l’islam au 8e siècle]. »

Comment contrer le prosélytisme de groupes islamistes radicaux qui maîtrisent les moyens de communication modernes ? Réponse de Faouzi le soufi : « Les islamistes radicaux sont au fond très matérialistes parce qu’ils proposent une consommation de l’extrémisme. Ils font du business, s’accaparent le pouvoir politique et économique au nom de la religion dont ils n’extraient que l’aspect matérialiste. Le djihadisme est le fils monstrueux de l’ultra-libéralisme. Il nous faut donc faire rempart, par la spiritualité. »


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