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La religion de François Fillon

 


Claudine Castelnau

 

27 mars 2017

En novembre, Alain Juppé puis François Fillon avaient convoqué le pape François dans leur campagne électorale. Alain Juppé en se déclarant « plus proche du pape que de Sens Commun [un mouvement politique] ou de la Manif pour tous [des catholiques traditionnalistes] » et François Fillon qui lui répondait quelques instants plus tard : « Je ne suis pas sûr qu’il [Alain Juppé] ait totalement écouté et lu le pape François. Sur la plupart des sujets sur lesquels Alain Juppé semble vouloir me contester, le pape François dit la même chose que moi. » 

François Fillon avait remis mis la question de la religion dans le débat de la présidentielle en janvier, lors d’une émission télévisée, poussant les autres candidats à réagir sur la place de la foi dans la vie publique. « En affirmant qu’il était “chrétien”, écrivait Le Monde, le candidat de la droite faisait une fois de plus intervenir la question du religieux dans une campagne pour la présidentielle [...] et sur lequel les autres politiques ont été amenés à se prononcer après sa sortie. »

Effectivement, la question du religieux dans une campagne politique est inhabituel en France, contrairement aux Etats-Unis par exemple où elle fait partie des arguments de campagne, brandie à tout vent. Certains Américains déclarent même lors de sondages qu’un candidat ou une candidate qui se dirait incroyant ou pire athée aurait peu de chances d’être élu...

En France, la déclaration a provoqué de vives réactions comme celle de Vincent Peillon, candidat aux primaires socialistes qui dénonçait « une atteinte à la laïcité dans précédent. »

Défenseur de la laïcité, l’un des thèmes forts de sa campagne, il récusait « le grand déballage religieux partout, disait-il. Moi, je veux qu’on arrête de mettre la religion, d’ailleurs les Français n’en veulent pas, au cœur de la vie politique. »

Manuel Valls, autre candidat socialiste aux primaires lui emboitait le pas, assénant dans une interview que « la religion relève de l’intime [...] Je refuse d’avoir à juger de la pertinence d’un projet en fonction de sa religion. »

Marine Le Pen parlait de « sentiment de malaise » et reprochait à François Fillon « l’utilisation opportuniste de cette foi pour se défendre d’une critique politique : C’est profondément contraire à la laicité » et encore : « Comment lutter contre le communautarisme, contre ceux qui veulent faire de la politique au nom d’une religion, par exemple l’islam, si M. Fillon utilise ce type d’arguments sur la Sécurité sociale ? »

François Bayrou a aussi réagit, parlant « d’instrumentalisation politique [...] Je refuse d’avoir à juger de la pertinence d’une proposition en fonction de l’affichage religieux des uns ou des autres. »

Arnaud Montebourg a réagit aussi dans une émission télévisée : « Dieu, je l’ai cherché longtemps, je n’en ai pas trouvé le secours malheureusement », a-t-il déclaré, avant d’affirmer que la religion « appartient à l’intimité de la personne quelle qu’elle soit. »

Nicolas Dupont-Aignant, le candidat de Debout la France, toujours cité par Le Monde : « C’est un péché d’orgueil parce qu’utiliser sa foi à des fins politiciennes, je ne suis pas sûr que ce soit très chrétien. »

Et pour Henri Guaino, député LR des Yvelines, François Fillon avait fait « une faute morale : On ne peut pas dire qu'on lutte contre le communautarisme et qu'on est le candidat des chrétiens. » Enfin certains ont soupçonné une opération de séduction réussie envers un électorat catholique traditionnel, ou encore une manœuvre pour adoucir la « radicalité » de son projet social...

 

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En Angleterre aussi, la déclaration de François Fillon a provoqué une certaine surprise. Ainsi, Church Times, hebdomadaire anglican, qui écrivait le 10 mars : 
« La pratique de François Fillon qui pose question, à savoir l’utilisation de l’argent public pour employer des membres de sa famille, a détourné l’attention de quelque chose de bien plus important le concernant. S’il était élu, ce serait l’un des rares présidents français qui placerait son affiliation religieuse en tête de son identité politique.
Depuis la Révolution française, la Nation se méfie de la religion dans la vie publique. La notion politique de « “laïcité” qui signifie que l’Etat doit être libre de toute influences religieuses est si forte que des catholiques romains déclarés ont rarement occupé le palais de l’Elysée. [...]
Et voilà qu’au moment où l’on pense que la sécularisation est sensée être en hausse en France, M. Fillon arrive qui lance sa campagne avec un livre comportant un chapitre sur ce qu’il croit [...] Ses opposants politiques ont tenté de mettre l’accent sur son opposition à l’avortement et à l’adoption par des hommes homosexuels et ils ont dénoncé la menace d’un retour du pouvoir clérical. Même si M. Fillon n’a donné aucune raison qui pourrait le faire craindre, mais le fait qu’il agite son drapeau catholique a soulevé des questions.
Après des années à l’arrière plan de la politique française, le catholicisme refait surface suscité par la peur de l’immigration et du terrorisme islamique [...] »

A cette peur, il faut opposer un juste équilibre entre foi et raison.

 

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« Je ne suis pas sûr qu’il [Alain Juppé] ait totalement écouté et lu le pape François. Sur la plupart des sujets sur lesquels Alain Juppé semble vouloir me contester, le pape François dit la même chose que moi. »  Cette affirmation péremptoire de François Fillon, c’était avant les « affaires ».

A l’époque, nombre de gens de droite catholiques ou non s’étaient dit tentés par la moralité et la droiture et la référence identitaire catholique affichées par le candidat. Puis il y eut des histoires d’argent d’emplois fictifs, de costumes et de montres offerts, des mises en examen pour lui et son entourage, une trop grande avidité pour l’argent et le luxe et une autre image du candidat est apparue.

Et comme il s’était référé à la parole du pape on peut à son tour le citer. C’était récemment, lors d’une messe du matin donnée à sa résidence. Le pape avait rappelé une fois encore aux catholiques les enseignements à suivre : « C'est un scandale de dire une chose et d'en faire une autre. C'est une double vie. Il y a ceux qui disent : “Je suis très catholique, je vais toujours à la messe, je fais partie de telle et telle association”. “Il y a beaucoup de catholiques qui sont comme cela et c'est un (...) scandale”, a dit François. “Combien de fois avons-nous tous entendu des gens dire : “Si cette personne-là est catholique, il vaut mieux être athée” ».

Et l’Agence Reuters, citée sur Yahoo news ajoutait : « A peine deux mois après son élection, le chef du Vatican avait dit aux chrétiens que les non-croyants faisant le bien devaient être considérés comme de bonnes personnes. »

A nouveau, il a critiqué certains catholiques, « suggérant qu’il valait mieux parfois être athée que de se dire catholique et de ne pas mettre en pratique les principes de sa religion ».


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