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Fake news

 

Claudine Castelnau

 

6 mars 2017

« Fake news », l’expression court les médias depuis quelques temps. Ou encore « faits alternatifs », ou traduction la plus simple : mensonge. On dit que c’est Kellyanne Conway, une conseillère du Président américain, qui aura mis au goût du jour ce concept de « fait alternatif » dont elle use en affirmant devant la presse bouche bée un festival de demi-vérités et de fiction lors de chacune de ses prises de parole.

Au point que lors d’une interview, une journaliste l’a coupée en disant que les « faits alternatif » étaient tout simplement des mensonges ! Point barre, comme dirait Donald Trump qui use abondamment aussi de ces « fake news » dans ses tweets en 140 caractères, innombrables et vengeurs ou dans ses discours sur ses relations ou celles de ses ministres avec la Russie, le nombre de gens ayant défilé lors de son installation à la Maison Blanche, ou sa prétention à empêcher la Corée du Nord à se doter de missiles balistiques capables de transporter une charge nucléaire.

Démêler le vrai du faux, ou le faux tout court jette le trouble et déstabilise le monde politique, les médias. On avait cru le président américain devenu plus sage, on parlait d’un début de stature présidentielle après son investiture comme 45e président des Etats-Unis en février. Et puis, pataras ! Cinq tweets, rien que samedi dernier, Donald Trump accusant son prédécesseur Barack Obama, de l’avoir fait mettre sur écoutes dans la Trump Tower, avant l’élection du 8 novembre.

Sans donner plus de détails, il accuse l’ex-président d’être « un sale type »« Terrible ! tweete-t-il, Je viens d’apprendre qu’Obama avait mis mes lignes sur écoute dans la tour Trump juste avant la victoire. On a rien trouvé. C’est du maccarthysme ! »

Selon Le Monde du 4 mars, « aucune précision sur l’origine de l’affirmation n’a été apportée par Donald Trump, ni sur Twitter, ni ailleurs. » Mais cela ne l’empêche nullement le Président de demander une enquête du Congrès ? On peut donc en conclure que ces écoutes qui auraient été ordonnées par Obama et dont Trump ne peut fournir la moindre preuve, sont un mensonge de plus du président qui tente ainsi de détourner l’attention, de se sortir de fuites qui l’accuse, lui et son entourage, de collusion avec Moscou lors de la campagne électorale pour déstabiliser sa rivale Hillary Clinton.

Après avoir démenti ces contacts répétés, il a reconnu « des liens innocents » avec la Russie ! Autre mensonge, évidemment. Robert Lidell, un écrivain américain de romans d’espionnage, remarquait dans Le Monde du 23 février : « Pour lui [ Donald Trump] le vrai problème n’est pas que ces choses arrivent, c’est que à cause des ‘fuites’ de la communauté du renseignement qui a connaissance des cadavres dans le placard, ces choses soient rendues publiques. Ce qui l’irrite ce n’est pas le crime mais le châtiment. On connaît bien ça quand on est parent : l’enfant pris sur le fait n’est pas désolé de sa faute. Il est désolé de s’être fait prendre. Donald Trump deviendra-t-il un jour adulte ? Les Etats-Unis résisteront-ils à ses accès de colère en 140 caractères ? » 

 

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A propos des « faits alternatif », Gilles Castelnau écrit sur le site Protestants dans la ville :
« Une fake news est plus vraie que les chiffres et les lettres que donne la presse. Elle manifeste pour celui qui la répète la réalité de l’univers alternatif auquel il veut croire [...]
Mais toutes les images heureuses fantasmées ne sont pas à bannir. Il ne faut pas être atrabilaire ! La diseuse de tarot que j’ai entendu annoncer à un jeune adolescent qu’il allait rencontre une jeune fille charmante, non seulement ne courait guère le risque de se tromper mais surtout elle ouvrait devant lui l’image vraie d’un amour possible.
Lorsque le prophète voyait “le loup se coucher avec l’agneau” et quand Jésus disait que “les doux hériteraient la terre”, ce monde inconnu qu’ils ouvraient devant nous ressemble, certes, à une fake news. Mais nous pouvons aussi sentir un dynamisme créateur monter en nous à l’ouïe de ces paroles, une foi, une espérance et un amour, bien différents des affirmations mensongères et de l’esprit peu sympathique de Donald Trump, de Mme May ou de Marine Le Pen.
Et malgré les arguments des bons esprits raisonnables, nous nous écrions avec conviction :
" Le Christ est ressuscité, en vérité il est ressuscité !” »

 

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Le site américain de nouvelles religieuses Religion News Service a enquêté pour savoir ce que les diverses religions monothéistes disaient du mensonge, dans l’air du temps plus que jamais avec Trump et son entourage !
Est-ce que mentir est toujours mauvais ou est-ce parfois acceptable de mentir sciemment ?
Et quelles sont les conséquence morales et spirituelles du mensonge ?
Enfin est-ce une faute morale et spirituelle d’accepter que quelqu’un mente délibérément sans le reprendre ?

« Pour le judaïsme, explique un rabbin, nous avons été crées à l’image de Dieu, comme le dit la Genèse, et nous devons tendre à être divins dans nos paroles. Cela signifie que chaque mot que nous prononçons doit refléter nos valeurs et l’une des plus importantes est la vérité ».
Et ce référant à la tradition talmudique (600 ans d’enseignement de rabbins qui sert de référence aux Juifs, ) le rabbin rappelle qu’une parole inappropriée tue trois personnes : celui qui la prononce, la victime visée et la personne qui l’entend. 
Mais « le judaïsme permet parfois le mensonge lorsqu’il s’agit de préserver la paix ou d’éviter le mal. Mais en aucun cas pour son bénéfice personnel. »

Cette exception à l’interdiction de mentir est d’ailleurs partagée par les trois religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam.

Si le judaïsme se réfère au Talmud, d’où il tire sa loi, le théologien catholique interrogé insiste lui sur le texte des Dix Commandements : « Mentir c’est délibérément vouloir tromper l’autre. Et cette offense à la vérité demande réparation. Bien sûr, un mensonge pour éviter le mal est permis. Mais sinon mentir brise de façon irrémédiable nos relations à l’autre dans une société si nous perdons confiance dans la parole vraie. Et le mensonge délibéré, le catéchisme nous enseigne que les conséquences en sont personnelles, sociales et spirituelles » 

Quant à l’islam, une universitaire américaine qui travaille sur l’islamophobie cite un hadith de Mahomet sur les conséquences du mensonge : « Evitez de mentir ! Vraiment, mentir conduit à la haine et la haine à l’enfer. Vous ne devez ni mentir ni accepter les mensonges car le menteur est inscrit comme tel aux yeux de Dieu. »
Mais sans parler du jugement dernier où les musulmans auront à rendre compte à Dieu, le mensonge à des conséquences plus immédiates explique cette universitaire : « Le mensonge met un obstacle entre le menteur et Dieu et une atteinte à la paix et à la bénédiction promise par Dieu. Mais demandez pardon à Dieu directement, car l’islam n’a pas d’intermédiaire et la relation sera restaurée [avec lui]. »
En islam existe le concept de « taqiyya », ce qui signifie mentir ou cacher ses croyances religieuses, permis seulement pour éviter un grand danger.
« La meilleure réponse aux "faits alternatifs" auxquels nous avons été confrontés, comme celle d’interdire de voyager aux musulmans [sous le prétexte que ce sont de potentiels terroristes], c’est que les musulmans américains apportent une contribution positive au pays ce qui contredira ces mythes pernicieux qui courent sur la communauté musulmane. »

Et le protestantisme ? Un pasteur baptiste répond que mentir ou laisser croire qu’un mensonge est la vérité c’est mettre en danger sa relation avec Dieu. « Je sais que c’est compliqué, mais si Trump ment sur certains faits, alors quoi qu’il dise même vrai ne peut plus être cru. Vous devez dire ce que les choses sont réellement, c’est cela témoigner. C’est cela que signifie être un témoin prophétique dans le monde, dire la vérité. »


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