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Encore Trump !

 

Claudine Castelnau

 

6 février 2017

Un juge fédéral de Seattle, dans l’Etat de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis, a bloqué vendredi dernier le décret de Donald Trump qui interdisait temporairement, le séjour en Amérique de ressortissants de sept pays à majorité musulmane. Il s’agit d’une mesure conservatoire dans l’attente d’un jugement sur la légalité de cette mesure.

Le procureur général de Washington, Bob Ferguson, a plaidé que l'ordonnance présidentielle imposait aux États de pratiquer une discrimination en vertu de la nationalité et de la religion, contraire à la Constitution. Il a en outre fait valoir des dommages subis par les entreprises dont certains employés se retrouvent incapables de voyager. Amazon, Expedia et Microsoft appuyaient sa demande d’où l’ordre de suspendre le décret de Trump.

Mais la riposte de Donald Trump ne s’est pas fait attendre pour tenter de faire invalider la décision du juge fédéral Robart qui est valable sur l’ensemble du territoire américain.

C’est maintenant au ministre de la Justice de Trump de déposer lundi une injonction d’urgence pour faire suspendre la décision du juge.

D’autres juges fédéraux dans une demi-douzaine Etats, dont la Californie et New York avaient aussi dénoncé l’anticonstitutionnalité du décret qui frappe les immigrés et spécialement les musulmans et leurs familles.

Devant la bataille judiciaire et politique qu’il avait déclenchée, bataille relayée sur le plan mondial, le gouvernement a exempté les titulaires de la fameuse carte verte qui permet d’habiter et de travailler aux Etats-Unis, ou encore les personnes ayant une double nationalité.

Mais une cour d’appel fédérale américaine a infligé un nouveau revers à l’administration Trump, en rejetant dès dimanche sa demande de rétablir immédiatement l’interdiction frappant les immigrés. Les Etats de Washington et Minnesota, à l’origine de la plainte contre le décret Trump, devaient fournir des documents étayant leur demande avant dimanche soir et le ministre de la justice de Trump devrait apporter aujourd’hui lundi de nouveaux documents à l’appui de sa requête de rétablir l’interdiction d’entrer sur le territoire américain de migrants des 7 pays concernés à « majorité musulmane. »

 

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Et dans ces turbulences, une photo a fait souffler un vent frais : deux hommes manifestent contre le décret Trump contre les immigrants et chacun porte un enfant sur les épaules. Mais si la photo fait le buzz, c’est à cause de sa charge émotionnelle : Jordan le père du petit garçon est rabbin dans la banlieue de Chicago, et ses grands-parents ont été déportés durant la Seconde guerre mondiale ; Fatih, qui porte la petite fille, est musulman et le Huffington Post relève qu’il était venu apporter des biscuits aux avocats qui s’offraient à défendre les immigrants arrêtés à l’aéroport.

« Je connais la tension entre les juifs et les musulmans, les gens pensent que nous nous haïssons, mais [...] nous pouvons promouvoir la paix ensemble », a déclaré Fatih au Chicago Tribune qui a publié la photo. Et le site m6info raconte qu’au moment où la photo a été prise, Jordan le juif et Fatih le musulman « étaient en train d’échanger l’adresse d’un restaurant où manger un bon steak casher. Et sur le caractère symbolique de la photo, Jordan a préféré rappeler l’essentiel pour lui :
« C’était simplement une interaction humaine. Pas celle d’un juif avec un musulman, mais celle de deux êtres humains, qui se ressemblent assez pour être frères, et qui se lèvent pour défendre ce qui est juste. »
Après la photo, les deux hommes ont échangé leurs numéros de téléphone. La famille musulmane a été invitée à dîner pour shabbat par le rabbin, qui a ajouté : “J’espère qu’en voyant cette photo – et je pense que Fatih serait d’accord avec moi – les gens verront que l’on peut être ensemble, que nous sommes des êtres humains et que même les enfants peuvent comprendre qu’un choix simple s’offre à nous : nous pouvons choisir l’amour et la bienveillance, même quand nous avons des raisons de ressentir de la crainte et de la méfiance.” »

 


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Daniel Burke, chargé de l’information religieuse pour la chaîne télévisée CNN remarque que « bien peu de sujets unissent les responsables religieux américains mais que la condamnation du Président Trump et de son décret sur l’immigration est désormais un sujet qui rassemble. Depuis l’annonce de ce décret, vendredi dernier, un nombre grandissant de responsables chrétiens, musulmans, juifs et d’autres dénominations l’ont dénoncé comme contraire à leurs traditions spirituelles et aux valeurs de leur pays, l’Amérique. »

Le journaliste cite ainsi le cardinal catholique de Chicago qui a déclaré que « ce week-end était un sombre moment dans l’histoire des Etats-Unis », exprimant ainsi un sentiment largement partagé dans les églises, synagogues et mosquées.

« Le monde nous regarde abondonner notre engagement pour les valeurs américaines », a dit encore le cardinal. Quelque 18 500 personnes ont signé une déclaration lancée par une coalition d’évangéliques, affirmant qu’il faut accueillir les réfugiés et organiser leur aide.

Des organisations juives et protestantes, représentant des millions de citoyens américains ont aussi protesté auprès des membres du Congrès. Et le dimanche 29 janvier, plus de 500 catholiques ont célébré une messe devant la Maison Blanche exprimant leur solidarité avec les immigrants et les réfugiés.

Même le pasteur de l’église dont Trump était membre dans son enfance et s’en réclame aujourd’hui encore même s’il n’est plus guère pratiquant, a condamné le décret. Le pasteur Nelson, qui a cette église protestante en charge a qualifié ce décret de « déni de justice » :
«  Je demande instamment au Président et à son administration de retirer cette très cruelle décision concerant les réfugiés, a-t-il dit. Les presbytériens n’ont pas peur d’une menace terroriste. Nous n’avons pas peur car nous témoignons de notre foi en Jésus qui a lui-même commencé sa vie comme réfugié. »

« Mais est-ce que les gens dans les églises vont soutenir l’appel à l’action des responsables religieux ? » se demande le journaliste de CNN. Il relève que « tout au long de sa campagne en 2016, Donald Trump est passé pardessus la tête de nombre de leaders chrétiens, obtenant une majorité de catholiques blancs et 81 % d’évangéliques blancs, malgré les objections de responsables évangéliques ou catholiques. »

Et les enquêtes menées par le Pew Research Institute montrent qu’il y a des chances que cela se reproduise à propos du décret sur l’immigration. Ainsi, plus de la moitié des évangéliques blancs et 53 % des protestants d’Eglises historiques majoritairement blanches seraient prêts à soutenir une loi interdisant aux Syriens d’immigrer aux Etats-Unis. De même, une majorité de ces groupes (évangéliques et protestants historiques) ainsi que 52 % de catholiques blancs soutiennent l’interdiction temporaire d’entrée de musulmans aux Etats-Unis.

Et « les pasteurs sont conscients des divisions dans leurs églises », note le journaliste de CNN. Alors que 86 % de ces pasteurs prêchent que le devoir des chrétiens est de prendre soin des réfugiés et des étrangers, dans une autre enquête (LifeWay Research) « 4 pasteurs sur 10 reconnaissent que leurs paroisses ont peur des réfugiés qui arrivent aux Etats-Unis. »

 


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