Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 

Trump !

 

Claudine Castelnau

 

30 janvier 2017

« D’après le décret et ses annexes diffusés par la Maison Blanche, vendredi 27 janvier, les autorités américaines vont renvoyer temporairement la plupart des étrangers et interdire pendant trois mois l’arrivée de ressortissants de sept pays musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen, commente Le Monde. A l’exception des ressortissants de ces pays détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales »
Ou de membres de minorités religieuses fuyant la persécution.

« C’est un grand jour pour la sécurité nationale de demain », a tweeté un expert et Trump : « C’est un grand jour. Et nous allons construire le mur ! » Sous-entendu le mur entre le Mexique et les Etats-Unis.

Les résidents possédant la fameuse carte verte qui permet à un étranger d’habiter et de travailler aux Etats-Unis ne voient pas toutes ces annonces comme « un grand jour » [a big day], alors qu’ils devraient en être temporairement privés lorsqu’ils sont originaires de l’un des 7 pays musulmans visés. Un bannissement qui provoque des situations choquantes. Comme celle de Ali Abdi, un étudiant iranien. Il avait une carte de résident permanent, raconte-t-il sur Facebook, et il s’est retrouvé samedi dernier en transit à Dubai. Il ne peut retourner en Iran où il a milité contre les violations des droits de l’homme, il ne peut rentrer aux Etats-Unis à cause des nouveaux décrets de Trump et ne peut rester plus longtemps à Dubai où son visa va expirer. Et il n’a pas encore l’assurance de pouvoir s’installer à Kaboul une année afin de terminer son travail de recherche.

Et The Guardian, qui publie son histoire le 28 janvier, ajoute : « C’est juste une histoire parmi des milliers ».

 


.

 


La correspondante du Monde aux Etats-Unis raconte, elle, comment Trump a menacé de s’attaquer aux villes qui protègent les immigrés sans papiers. Les villes « sanctuaires » ou « refuges ».
« Les villes "sanctuaires", écrit-elle, sont quelque trois cents aux Etats-Unis, dans vingt-cinq Etats. Ces localités protègent les immigrants sans papiers en refusant de coopérer avec la police fédérale, qui est l’autorité chargée de l’immigration. Dans ces villes (ou comtés), les agents municipaux ont interdiction de vérifier le statut des habitants au regard de l’immigration [...] Quatre Etats – démocrates – sont entièrement "sanctuarisés" (Californie, Connecticut, Nouveau-Mexique et Colorado). Un choix décidé par nombre de municipalités sous l’administration Obama pour faire face à l’intensification des expulsions (2,5 millions entre 2009 et 2015). Les maires ont alors ordonné à leurs polices de ne pas servir d’auxiliaires aux forces de l’ordre chargées de l’immigration (ICE), sauf dans le cas d’affaires criminelles.
Pendant sa campagne, Donald Trump a fait de la lutte contre ces “sanctuaires” une priorité [...] Dans son décret présidentiel, il ordonne au département de la sécurité intérieure d’étudier les moyens de réduire les subventions aux collectivités qui ne signalent pas les clandestins aux autorités fédérales. »

D’où la menace du président Trump de recourir à l’arme financière déjà agitée en 2015 de faire adopter une loi coupant les ressources des villes sanctuaires. Et certaines municipalités visées ont déjà préparé leur défense : couper les fonds est « anticonstitutionnel » veulent-elles faire valoir. Depuis l’élection de Trump, écrit encore la correspondante du Monde, « des centaines de collectivités et 26 villes, de NewYork à Los Angeles ont réaffirmé leur volonté de rester “sanctuaires” et les maires de San Francisco, Seattle, Santa Fe, Denver Washington et une dizaine d’autres ont exprimé leur refus de participer aux éventuelles “déportations” de clandestins. »

La résistance est affichée : le chef de la police de Los Angeles à réaffirmé que ses agents ne se priveraient pas des renseignements grâce aux immigrants hispaniques, le maire de New York a assurait qu’il détruirait les données concernant les noms des sans papiers qui bénéficient d’aides de la municipalité si Trump cherchait à s’en emparer.
« Nous n’allons pas sacrifier un demi-million de personnes qui vivent parmi nous. Nous ferons tout pour résister », a-t-il dit.

Actuellement, on compte quelque 740 000 jeunes étrangers arrivés enfants aux Etats-Unis et qui n’ont jamais obtenu de papiers « Et sur les campus, un vaste mouvement de solidarité s’est également mis en place en faveurs des “dreamers”, ces jeunes étudiants étrangers. »

Avec la question angoissante pour eux : doivent-ils faire renouveler leur permis venu à expiration au risque de se signaler ? Doivent-ils renoncer à leur semestre d’études à l’étranger sans avoir la certitude de pouvoir revenir ?

 


.

 


« Je mets sur pied de nouvelles mesures de contrôle pour maintenir hors des Etats-Unis les terroristes islamiques radicaux. Nous ne les voulons pas ici », a déclaré Donald Trump. Le décret du président américain suspendant pour trois mois l'accueil des réfugiés et des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans a semé la confusion et parfois la panique, samedi 28 janvier, chez les voyageurs en partance pour les Etats-Unis, dont certains ont dû rebrousser chemin. Le site américain ProPublica estimait le 28 janvier à quelque 500 000 le nombre de résidents légaux, c’est-à-dire en possession d’un visa ou d’une Green Card empêchés de rentrer aux Etats-Unis.
Un ancien responsable des services de l’immigration a qualifié ce bannissement « d’extraordinairement cruel ».

En même temps la résistance s’organise, on l’a vu. Plus de 800 communautés religieuses se sont déclarées « sanctuaires » ou « refuges » depuis l’élection de Donald Trump, affirment les leaders du mouvement sanctuaire et nombre de groupes rattachés à une communauté religieuse qui s’étaient engagés à protéger les plus vulnérables menacés d’être renvoyés dans leur pays sous l’administration Obama ont bien plus à craindre de Trump.

Le mouvement du sanctuaire proclame se référer à des lois internationales et des textes sacrés pour résister aux décisions de la nouvelle administration et à son racisme. Le mouvement proclame qu’il est solidaire de chaque communauté qui est menacée de discrimination.

« Nos croyances religieuses nous enseignent que tous les gens sont dignes d’être considérés comme des humains, quelle que soit leur situation juridique », dit un professeur d’études islamiques dans une université méthodiste. Et il annonce une lettre ouverte aux imans pour qu’ils ouvrent les portes de leurs lieux de culte à ceux qui en ont besoin.

Une mosquée à Cincinnati, dans l’Ohio, qui attire quelque 800 fidèles à la prière du vendredi, a annoncé, la veille de l’installation de Trump à la Maison Blanche, vouloir se joindre au mouvement des Eglises du refuge. « Nous voulons aider à ce que l’on rende à chacun son humanité », a déclaré l’imam qui dirige cette mosquée.

Au Texas, un élu de cet Etat a envoyé à 400 personnes supposées être musulmanes un questionnaire qui aurait dû, selon cet élu, mettre à jour « le terrorisme radical au Texas ».
Evidemment, un seul questionnaire est revenu et l’opération a soulevé l’indignation de la communauté musulmane. Des imams importants se sont joints aux protestations, une page entière d’un journal texan a été publiée pour protester et des réunions ont eu lieu pour discuter de la réponse à apporter à cette campagne xénophobe et stupide. Comme l’explique une musulmane, ce questionnaire a des relents de McCarthysime, de chasse aux sorcières, « cherchant à tromper, à humilier, à intimider » et à offenser les musulmans. Des responsables religieux musulmans et d’autres communautés dénoncent l’intolérance montante contre les musulmans au Texas et dans le pays.

 

.

 


La victoire aux élections puis l’installation récente de Donald Trump comme 45e président des Etats-Unis a provoqué aussi des débats théologiques dans un pays où l’on de les craint pas ! Est-ce que Dieu a choisi Trump ? Est-ce que Dieu, « Maître de l’Univers », comme le croient certains fondamentalistes chrétiens, est intervenu ?

Les partisans de ce chois divin font valoir que cette élection avait un aspect miraculeux, spécialement lorsqu’il a battu 16 autres candidats républicains certains évangéliques, aux primaires. « C’est la main de Dieu » a expliqué la télévangéliste Paula White, invitée à prier à l’installation de Trump. Et c’est une idée, largement partagée chez les chrétiens conservateurs.

« Attention, met en garde un théologien méthodiste, cela signifie que Dieu contrôle les événements sur terre et que c’est la volonté de Dieu que des millions de gens meurent de faim par notre faute. Ou que nous n’ayons pas à nous préoccuper des pays menacés par les inondations dues au changement climatique ? »

Des questions qui n’ont pas être posées, pour certains : « c’est évident que Dieu est en affaires avec Trump. » La preuve ? : « Les nominations à d’importants postes de son administration de chrétiens [...] ce qui prouve  bien que Trump est déjà en train de travailler en union avec Dieu. »
Et si Dieu avait fait gagner Hillary Clinton ? Réponse d’un autre évangélique : « Nous aurions dû accepter que Dieu l’a place là et qu’importe les raisons ».

Et un membre du conseil national de l’association évangélique : « Dieu m’a faite libre dans la façon dont je vis, dans mes choix. Si la main de Dieu est en jeu, ce ne peut être que par le canal humain. L’Esprit saint amène les individus à discerner et à agir. »

Un théologien jésuite enseignant la théologie morale réfute, lui, l’idée que l’Esprit saint ait quelque chose à voir avec l’élection de Trump. « Ceux que Dieu choisit, dans la Bible, sont des gens inattendus, ordinaires, mais surtout lorsqu’ils sont confrontés à leur péché, ils se repentent. Je ne crois pas que ce soit l’histoire de vie de Trump ! »

« L’année d’élection aura été rude avec la question de l’intervention directe de Dieu à expliquer... » conclut l’article paru sur le site américain Religion News Service.

 


.

 


Doit-on prier pour Trump ? Mark Silk, professeur de théologie et éditorialiste du The Splainer, rappelle qu’en 1750, un pasteur de Boston avait prêché sur le fait que quand l’apôtre Paul écrit, dans un texte de la Bible qu’il faut prier pour les autorités, leur obéir et les honorer, parce que Dieu les a choisies, il ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’élever contre les mauvais gouvernants comme il faut « résister au diable ».

La question est de nouveau posée par certains Américains : « Obéir au gouvernement de Trump va devenir très problématique pour nombre de gens et d’institutions, laïques ou religieuses », écrit Mark Silk. Il note que dès le jour de l’installation du Président, une personnalité du monde évangélique qui ne soutient pas Trump, écrivait dans le Washington Post : « Vous devriez prier pour Donald Trump, quel que soit votre vote », ce qui dénote le refus de fait de prier pour lui de certains... « En bonne conscience, nous ne devons pas saper la légitimité de notre nouveau président. »

Un rabbin de Phoenix, dans l’Etat d’Arizona a réécrit la prière pour les autorités demandant à Dieu d’empêcher les mauvais décrets :
« Eloigne le nouveau leader de ce pays de ses mauvaises instincts, balaye ses projets de frapper certains groupes et de renforcer la suprématie blanche. Nous prions pour que les projets de lois ne blessent pas les innocents et que tout projet politique qui blesserait les plus vulnérables soit balayé. Et que tout projet qui ne profiterait qu’aux privilégiés de l’Amérique et pas à l’humanité entière et à la terre où nous habitons échoue. Et donne-nous la force de résister. Et la sagesse et le courage de faire ce qui est bon pour protéger les plus humbles et sans défense de notre société »

 


Retour en page d'accueil
Retour vers Claudine Castelnau
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.