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Trump ? Vous avez dit Trump ?

 

 

Claudine Castelnau

 

 

23 janvier 2017

Jusqu’à l’écœurement, sur tous les tons, on a entendu et commenté l’arrivée de ce 45e président des Etats-Unis. « Président de la table rase » comme l’appelle l’éditorialiste du Monde, daté du 21 janvier, au lendemain de son discours d’investiture :

« On voulait croire que Donald Trump, candidat iconoclaste, bateleur et provocateur, mènerait une campagne plus mesurée et responsable, une fois la nomination du Parti républicain décrochée en juillet 2016. Il n’en a rien été, écrit l’éditorialiste du Monde. On a ensuite imaginé que, président élu, conscient de la charge qu’imposait la période de transition, il abandonnerait les attaques personnelles et les tweet comminatoires. Il n’en a rien été. On se prit donc à espérer que, le jour de l’investiture, lorsqu’il aurait prêté serment sur la Bible devant le président de la Cour suprême, suivant le rituel protocolaire qui se déroule tous les quatre ans à Washington, Donald Trump deviendrait enfin président et prononcerait le discours que, sous des formes diverses, ses prédécesseurs ont tous prononcé : du 45e président des Etats-Unis, on attendait un appel au rassemblement, une vision porteuse d’espoir, un message positif susceptible de panser les blessures d’une campagne électorale d’une rare violence. Il n’en a rien été. Vendredi 20 janvier, le président Trump a livré non pas un discours présidentiel, encore moins un discours d’investiture, mais un nouveau discours de campagne, un discours de colère et de ressentiment, destiné à ses seuls électeurs plutôt qu’à la nation américaine. Un discours typiquement populiste : il s’adresse directement au “peuple”, auquel il promet de rendre le pouvoir que l’establishment honni a “volé” plongeant le pays dans la misère. La présence, derrière lui, des représentants républicains et démocrates de ce même establishment, y compris son adversaire malheureuse Hillary Clinton, qui avait fait l’effort de venir, ne l’a pas freiné. Il n’a pas davantage craint d’humilier en direct son prédécesseur. La responsabilité pleine et entière qu’il leur prête dans les malheurs américains reste pourtant à instruire. On comprend mal comment ­Barack Obama, s’il est coresponsable d’une telle apocalypse, quitte le pouvoir avec un taux d’approbation que son successeur ne peut qu’envier. Mais Donald Trump, adepte de la dystopie, ne s’est jamais senti tenu, encore moins contraint par les faits. Outsider, il s’est d’ailleurs bien gardé de s’inscrire dans une continuité qui le dépasserait. Son discours n’a fait référence à aucune figure historique, à aucun des Pères fondateurs. Inutile, puisqu’une page qu’il juge décisive de l’histoire américaine s’ouvre avec lui. A bien l’écouter, on a pourtant le sentiment que cette page est celle d’une Amérique étriquée, claquemurée derrière ses frontières, décidée à n’en sortir que pour le seul bénéfice des Américains. »

« America first » tel est le nouveau mot d’ordre, répété jusqu’à plus soif. « La puissance américaine annonce désormais sa volonté de faire primer ses intérêts au cas par cas [...] d’où des relations fluctuantes à prévoir entre peuples et Etats et une politique étrangère erratique ou trop fermée sur un nationalisme étroit » écrit le site diploweb.com qui parle de « diplomatie flottante » à prévoir avec Trump...

 

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« America first » peut-être mais qu’en est-il des 50 millions d’Américains les plus fragilisés et sans assurance de santé ou mal assurés ? Et des 20 millions qui ont déjà bénéficié de cette assurance-santé ? Sitôt investi 45e Président des Etats-Unis, Donald Trump a signé avec ostentation, entouré de ses plus proches conseillers et sous l’œil des caméras, un décret contre la loi sur l’assurance-maladie, le fameux « Obama Care », l’une de ses promesses de campagne et qui faisait partie de la politique de rupture annoncée.

Cette loi qui date de 2010 et qui est considérée comme la réforme la plus emblématique de la présidence de Barack Obama, visait à aider tous les Américains à avoir une assurance-maladie. Il faudra tout de même que le Congrès, à majorité républicaine vote pour une abrogation définitive de l’Obama Care. En attendant, l’administration Trump est priée d’utiliser toutes les marges de manœuvre possibles pour ne pas appliquer la loi.

Quant aux évêques catholiques américains dont un bon nombre avaient dénoncé l’Obama Care comme une atteinte à la liberté religieuse puisque les institutions catholiques étaient dans l’obligation d’assurer leurs employés y compris en ce qui concernait la contraception et l’avortement, ils semblent changer d’attitude.

 

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« Jamais un Président des Etats-Unis n'avait parlé comme Donald Trump, écrit l’Express le jour de l’installation du Président. Malgré l'incohérence de certains de ses discours et son lexique relativement limité, son style de bateleur lui permet de toucher le plus grand monde [...] Moqué et parodié, le langage de Trump a joué une part importante de son succès : C'est un discours immédiatement compréhensible, qui divise un monde complexe en catégories simples et définitives : c'est un 'prêt-à-penser' commode qui parle 'comme toute le monde' », constate Cécile Alduy, professeure de littérature française à l'université de Stanford et qui a étudié le langage des présidentiables français.

Elle note « le lexique restreint de Trump [faux, bon, mauvais, génial, sympa, problème, catastrophe, énorme, fantastique, triste, perdant, gagnant]. Il limite ses analyses sur n’importe quel sujet à l’utilisation de ce lexique restreint, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit, comme sur son compte Twitter. Il a un phrasé très haché car il utilise des phrases et des mots ultra-courts : des monosyllabes, des phrases 'sujet-verbe-complément', voir un adjectif seul. La conséquence, c'est malheureusement une pensée d'une très grande pauvreté, sans nuance ni recul »

C’est ce niveau de langage qu’a analysé le Boston Globe lors des primaires démocrate et républicaine en 2015 : le test a révélé que le niveau de langage de Donald Trump pouvait être compris par un enfant de 9-10 ans. Mais sa technique est bien rodée : répétition à outrance d’un mot, par exemple le terme « gagner » pour marquer les esprits ou des mots forts et frappants (mort, polémique, blessure) pour terminer ses phrases et dont l’audience se souvient même si le reste du discours est incohérent. Trump utilise aussi des associations fallacieuses comme « Hillary la véreuse ».

« La répétition fait que de nombreuses personnes envisagent inconsciemment Hilary Clinton ainsi. Malhonnête, explique un linguiste américain réputé. En France, on ne trouve pas d'équivalent véritable à une telle langue parmi les candidats à la présidentielle de mai prochain. Il existe cependant une proximité idéologique avec Marine Le Pen sur l'immigration, Poutine, la stigmatisation de l'islam ou le rejet des élites », conclut l’article de l’Express du 20 janvier.

 

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Le serment sur la Bible que prêtent les présidents américains le jour de leur installation n’est pas formellement inscrit dans la Constitution américaine. C’est une tradition héritée de George Washington, l’un des « Pères fondateurs », ceux qui ont signé la Déclaration d’Indépendance de l’Amérique et la Constitution. George Washington a été le premier président des Etats-Unis de 1789 à 1797.

Il était franc-maçon comme nombre de Pères fondateurs dont la majorité étaient aussi protestants réformés ou épiscopaliens (anglicans), 4 se déclarant déistes.

Tous les présidents américains, sauf Adams, en 1825, laïque affirmé qui avait prêté serment sur le texte de la Constitution et Theodore Roosevelt se sont pliés depuis George Washington à ce temps fort de la démocratie américaine tout en gardant le choix de la bible. Le président sortant Barack Obama avait prêté serment pour ses deux investitures sur deux bibles : la bible personnelle d’Abraham Lincoln qui n’avait plus servi depuis son investiture en 1861 et celle qu’utilisait le pasteur Martin Luther King lors de ses tournées dans le sud de l’Amérique.

Dans la famille Bush, le père a utilisé la bible de George Washington, son fils aussi. Donald Trump a prêté lui serment sur celle d’Abraham Lincoln et sur une bible familiale offerte par sa mère à la fin de son Ecole du dimanche à la First Presbyterian Church de New York. Peut-être l’ouvrira-t-il un jour... Abraham Lincoln, seizième Président des Etats-Unis fut « un Juste à la Maison Blanche » comme l’écrit la revue Hérodote. Il est né en 1809, en pleine période d’affrontements entre ceux qui veulent préserver le droit des Etats à conserver l’esclavage et leur civilisation agraire et aristocratique et prônent la « sécession » d’avec le Nord industriel. Il est investi en mars 1861, tente de préserver l’unité de son pays mais la guerre de Sécession entre le Nord et le Sud durera quatre ans.

Cette guerre civile se termine le 9 avril 1865 et le 14 avril Lincoln est assassiné. Sa mort ressoude les Américains et son action trouve son aboutissement avec le 13e Amendement à la Constitution qui abolit, cette même année 1865, l’esclavage.

 


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