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Religion d'Obama, de Trump
aux États-Unis et… en France

 

 

Claudine Castelnau

 

 

16 janvier 2017

Le président Barack Obama avait choisi Chicago, sa ville d’adoption, pour prononcer le 10 janvier son dernier discours en tant que Président des Etats-Unis. Il en a profité pour parler de sa foi en la démocratie américaine et a mis en garde ses supporteurs de ne pas se replier sur leur déception [d’avoir perdu les élections]. C’est à Chicago que sa carrière politique a débuté et il y avait déjà prononcé un discours après chacune de ses victoires à l’élection présidentielle en 2008 et en 2012.

Il a rappelé que « c’est aussi dans cette ville qu’il a commencé à travailler avec des groupes d’église à l’ombre des aciéries fermées. C’est dans ces rues de Chicago où j’ai été témoin, a-t-il dit, du pouvoir de la foi et de la dignité tranquille des travailleurs dans la lutte et le chômage. C’est là que j’ai appris que le changement ne vient que lorsque des gens ordinaires s’engagent et qu’ils s’unissent pour que ça change. Ce n’est pas seulement ce que je crois mais c’est au cœur de ce qu’est l’Amérique. »

Barack Obama a rappelé ce qui à ses yeux est un succès de sa présidence : les accords nucléaires avec l’Iran, la loi sur le mariage pour tous ou encore la politique de santé (Obama Care). Il a aussi dénoncé toute discrimination contre les musulmans américains et encouragé les Américains a faire un effort et à prêter une attention particulière aux relations entre « science et raison » :
« C’est important à une époque où il paraît plus sécurisant de se retrancher dans nos bulles, que ce soit notre voisinage, un campus d’étudiants ou une église, en compagnie de gens qui nous ressemblent, partagent nos idées politiques et ne mettent jamais nos choix en question. »

Ce discours de Barack Obama a provoqué des réactions positives et le révérend Michael McBride, un pasteur d’une association engagée dans la défense des droits des Noirs, par exemple, a jugé que les adieux d’Obama étaient comme le starter d’une voiture et incitaient à la résistance, « la résistance, un acte saint, a dit McBride, résister au mal, à la guerre contre l’esprit et travailler à établir la justice. »

Pour une autre, citée par Religion News Service, l’encouragement du président sortant à s’investir dans la défense de la démocratie est « très en résonance avec ma foi, ce que je crois, les choix que je fais. »  Et elle ajoute que « si tous dans cette salle de conférence, ne partageait pas mes convictions religieuses, ils ont entendu de notre président que ce ne sont pas seulement les mots qui comptent mais aussi notre attitude. »

Dans son discours, Obama a mis en garde contre le découragement incitant au contraire à défendre la démocratie partout, même si c’est au travail.
« Il y a des risques, cela peut être décevant, mais plus souvent que vous ne le pensez votre foi dans l’Amérique et dans les Américains sera confortée. Durant toutes ces années, j’ai placé cette foi dans des Américains ordinaires afin que les choses changent et cette foi a été récompensée de manière que je n’aurais jamais imaginée », a dit encore Barack Obama. Une vraie prédication !

 

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Tous les experts en politique comme en religion auront les yeux tournés vers la cérémonie d’intronisation de Donald Trump le 20 janvier. Mais déjà les observateurs notent que « l’évangile de la prospérité » (une théologie née dans les milieux évangéliques américains qui affirme que Dieu promet la richesse financière aux croyants) sera très bien représentée lors de la cérémonie.

Ainsi Paula White, télévangéliste de Floride ou encore Franklin Graham (petit-fils de Billy Graham) seront en bonne place à côté du cardinal Dolan, d’un rabbin, d’un réseau de paroisses pentecôtistes noires qui ont soutenu le vote pour Trump et d’autres.

Et l’on remarque aussi que les pasteurs d’Eglises historiques comme les presbytériens, dont Trump se réclame, ne sont pas invités. « Les protestants de Trump sont des évangéliques » remarque un professeur de l’histoire des idées dans un séminaire baptiste du Sud. Ces protestants évangéliques qui ont fortement soutenu l’élection de Trump et qui admirent sa réussite en affaires.

« D’une certaine manière vous pouvez comprendre pourquoi tant de gens ont voté pour Trump, explique Andrew Gardner, un baptiste expert en histoire des religions. Ils voient un homme qui a fort bien réussi personnellement et ils le mettent sur un piédestal comme quelqu’un qui a été béni. »

« Et même si Trump n’adhère pas à ces croyances, son choix de pasteurs pour la cérémonie prouve qu’il a fort bien compris le paysage religieux américain. Il sait ce qu’il fait quand il met ces évangéliques en scène, priant avec lui. Cela signifie : “Je suis le candidat religieux, je suis un leader évangélique” » relève un pasteur baptiste et homme de médias.

« Ce que vous pensez de Donald Trump politiquement n’a aucune importance, il a toujours été un maître de l’apparence et de l’image, il est l’un des producteurs de reality shows parmi les plus importants.  Il a utilisé ce don pour se faire élire, il l’utilisera le jour de son installation. »

 


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Le Conseil national des Eglises aux Etats-Unis représentent 38 Eglises et communautés religieuses, c’est-à-dire quelque 45 millions de personnes et plus de 100 000 communautés.

Les Eglises membres du Conseil national des Eglises du Christ aux Etats-Unis, son nom officiel, vont de certains baptistes aux méthodistes, des anglicans aux coptes orthodoxes, des orthodoxes russes rattachés au patriarcat de Moscou et des grecs orthodoxes aux presbytériens coréens, des luthériens en Amérique aux arméniens orthodoxes et plus encore.

Le Conseil national des Eglises aux Etats-Unis a publié le 6 janvier un texte repris par le blog politique progressiste thinkprogress qui condamne fermement le choix des ministres et le programme politique du président élu, Donald Trump. Thinkprogress met en garde contre le programme de Trump qui aura pour résultat « d’appauvrir encore plus les Américains les plus vulnérables », s’il n’en change pas.

La déclaration est importante, venant du groupement d’Eglises le plus important aux Etats-Unis et qui représente 45 millions de fidèles, une déclaration à laquelle s’est associée d’autres institutions charitables. Ensemble, ils demandent au nouveau président de ne pas toucher aux programmes d’aide nutritionnelle qui aident les plus pauvres.

« Nous sommes très inquiets de ce projet qui, s’il est maintenu, mettrait les plus vulnérables parmi nous en danger. L’évangile nous apprend à prendre soin du pauvre et du plus vulnérable. Améliorer l’Obamacare [qui a procuré une couverture santé à des millions d’Américains qui n’en avaient pas] bénéficierait à tous les Américains alors que le supprimer, sans rien offrir à la place est irréfléchi et mettrait la santé de millions de gens en danger. Ce n’est sûrement pas donner plus de grandeur à l’Amérique. Cela va à l’encontre des principes chrétiens d’amour du prochain et des valeurs de liberté et de justice de l’Amérique. »

La déclaration du Conseil national des Eglises des Etats-Unis dénonce au passage la nomination d’un certain nombre de ministres de Trump connus pour leurs positions racistes, extrémistes, suprémacistes [l’idéologie que prône la supériorité de la race blanche] antisémites, xénophobes et antimusulmanes et qui devraient les disqualifier pour le service public.

« Nous demandons au Président élu de protéger l’intégrité de notre nation en en nommant des candidats qui partagent les valeurs du bien commun. »

Et le site Thinkprogress ajoute que cette lettre des 38 Eglises américaines est la partie émergée de nombreuses critiques contre Trump et son futur gouvernement. Nombre de ces critiques viennent de la Nouvelle Gauche et de groupes de leaders religieux qui ont envoyé aux membres du Congrès une pétition signée par 2500 membres du clergé demandant que la nomination de certains ministres ou conseillers soient refusée. Comme Stephen Bannon, conseiller stratégique, idéologue en chef de Trump et porte-voix de l’extrême-droite dans ses outrances et ses haines.

Le Ku Klux Klan s’est félicité de sa nomination ! D’autres groupes ont annoncé qu’ils allaient faire pression sur leurs Eglises pour qu’elles offrent un refuge aux immigrants sans papier que Trump veut renvoyer, au Mexique entre autres. On a vu aussi des juifs et des musulmans s’allier pour combattre la vague d’islamophobie et d’antisémitisme qui a accompagné la campagne de Trump. Et tandis que 80 % de blancs évangéliques ont voté Trump, divers membres de la droite religieuse américaine se sont opposés ouvertement à lui.

Ainsi, dès le début de sa campagne, un membre éminent des baptistes du Sud (très conservateurs) a déclaré que les évangéliques ne devaient pas voter pour Trump ou « alors ils devaient renoncer à tout ce qu’ils croient. » Hélas, il n’a pas été écouté !

 

 

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Et pour finir, revenons dans l’Hexagone. Avec une levée de boucliers comme la France en a le secret lorsqu’il s’agit de défendre une laïcité que l’on considère comme sournoisement ou pas attaquée. En l’occurrence, c’est la proclamation du candidat de droite, François Fillon qui a provoqué une mini tempête et qui a été ressentie comme la transgression d’un tabou en déclarant : « Je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien. » L’éditorialiste politique Alain Duhamel s’est lancé dans la bataille en commentant la déclaration de Fillon dans Libération du 11 janvier :

« L’odeur suspecte d’un retour du cléricalisme a été sur le champ identifiée. Y aurait-il résurgence d’un communautarisme catholique au cœur de l’Etat le plus laïque du monde ? Il y a, dans ce réflexe typique de notre culture politique, beaucoup d’hypocrisie ou d’ignorance. Car, écrit Alain Duhamel, le catholicisme n’a jamais été absent de la vie politique française [...]
Te Deum ou obsèques nationales n’ont cessé d’être célébrées à la cathédrale Notre-Dame de paris et l’Eglise catholique n’a jamais cessé d’intervenir dans les affaires publiques en particulier lorsqu’elles touchent à l’enseignement privé ou aux questions de société [...]
Le catholicisme, principale religion française, n’a jamais cessé d’être une composante politique majeure. Les catholiques de gauche ont été pour beaucoup dans la victoire de François Mitterrand en 1981, les catholiques de droite ont pesé lourd dans l’élection des présidents néogaullistes.
Il y a donc quelque chose de paradoxal à voir tant de monde s’effaroucher parce que François Fillon fait référence à ses convictions catholiques (au demeurant bien connues), d’autant plus qu’au même moment, avec autant de sincérité et de force, les candidats socialistes font, eux, légitimement référence à leurs convictions laïques.
Bien entendu, ce qui choque dans l’affaire n’est pas l’affirmation de la foi catholique de François Fillon mais le fort soupçon de récupération électorale qu’elle implique.
C’est sous cet angle que sa déclaration peut être contestée [...]
L’ex-Premier ministre affiche une posture identitaire pour extirper la tentation de l’extrême droite chez les catholiques les plus conservateurs [...]
En fait, c’est la campagne présidentielle tout entière qui comporte une dimension identitaire : laïcisme, laïcité, catholicisme, islamisme se réveillent ou émergent.
En 2012, 90 % des votes musulmans sont allés à gauche. En 2017, la question est de savoir si les votes catholiques traditionalistes iront à droite ou à l’extrême droite. »


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