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Les crèches

 

Claudine Castelnau

 

 

2 janvier 2017

Ce Noël a vu fleurir discussions et polémiques autour des crèches, en France mais aussi à l’étranger. Avant de ranger santons et moutons, un dernier coup d’œil à celle de l’église de la Madeleine à Paris et je laisse le quotidien Le Parisien la décrire : « Einstein, Mère Teresa, mais aussi Staline et Ben Laden, côtoient cette année l'Enfant Jésuas en position fœtale dans la crèche de l'église parisienne de la Madeleine. Cette œuvre contemporaine signée par le sculpteur Samuel Yal suscite des commentaires contrastés chez les fidèles et les simples curieux. »

Le curé de la Madeleine assume son choix et explique : « La crèche de Samuel Yal est très actuelle. Elle révèle le message de Noël à l'homme d'aujourd'hui et propose une méditation sur le mystère de l'incarnation. »

Quant à l’artiste il avoue avoir été impressionné par la violence des événements durant l’année écoulée :
« Comment exprimer le mystère de Noël en ignorant les secousses de l’Histoire ? Les visages que nous reconnaissons ici se sont forgés par les gestes posés par ces existences : gestes de Paix, d'espoir, de haine, de destruction, d'impuissance, de libération, de résistance, de bienveillance... Il m'a fallu retraverser le siècle à travers ceux qui l'ont fait, pour trouver ces visages d'espoir et d'aberration. Dictateurs, saints, martyrs, bienfaiteurs de l'Humanité, mystiques, humanistes, prophètes, résistants, criminels, victimes d'injustices ou de la folie des autres... Certains nous sont proches, d'autres plus lointains : Fidel Castro, père Hamel, Simone Veil, Martin Luther King, Nicolae Ceausescu, Aylan [le petit syrien mort sur une plage], Cabu, Malcom X, Amedy Coulibaly, Gandhi, Benazir Bhutto, Rosa Parks... Tous ont été des nouveau-nés, ont eu un prénom et ont été solidaires de ce monde qui nous traverse, de cette humanité et de son interdépendance, dans le mal comme dans le bien. »

Cette année, la crèche de l’église de la Madeleine à Paris ne laisse personne indifférent. A commencer par certains paroissiens malheureux que les personnages traditionnels (Marie, Joseph et les mages) soient absents. Comme chaque Noël, depuis 7 ans, la paroisse demande à un artiste contemporain d’imaginer une crèche et carte blanche lui est laissée...

 

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A propos d’absence, il y a celle de Marie dans une crèche Manchester,
dans l’Etat américain du New Hampshire. La chaîne de télévision CBS Boston raconte sur son site qu’un couple d’origine indienne a l’habitude depuis 16 ans qu’ils habitent là de dresser une crèche sous un hangar en signe d’amitié pour leur voisinage et de respect pour leur fête de Noël.

Hélas, cette année, la statuette de Marie a disparu, volée. Alors Shirl Kula, la femme du couple, ne s'attaque à personne, elle veut seulement que Marie revienne. Elle a posé une pancarte près de la crèche où elle a écrit en grosses lettres : « Aidez-nous ! Marie a disparu. Joseph ne veut pas être un père célibataire ! »

 

 

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La question a aussi été posée dans ce brouhaha : une crèche est-elle cultuelle ou culturelle ? Le 24 décembre, Libération publiait une tribune de Sophie Mazas, Présidente de la Fédération de l’Hérault de la Ligue des droits de l’homme sur « l’instrumentalisation politique » des crèches et plus particulièrement celles qu’on a tenté d’installer dans les Hôtels de ville ou de région.
A Paray-le-Monial, à Béziers, à Beaucaire et ailleurs où sous prétexte de se draper dans une tradition locale qui n’existent pas en réalité, on a vu fleurir des crèches dans les bâtiments publics, comme celles de Beaucaire. Deux crèches dans cette ville : une dite « provençale » dans le village et une « de la Nativité » dans l’Hôtel de ville !

A Béziers c’est le maire extrême-droite Robert Ménard qui en a installé une dans la mairie alors qu’il n’y avait aucune tradition. Obligeant chaque fois un tribunal administratif ou le Conseil d’Etat à décider si le premier magistrat de la commune, le maire, est en contravention ou non avec l’article 28 de la loi de 1905 qui prohibe les signes religieux dans les bâtiments publics, à l’exception des monuments aux morts, cimetières, musées, etc.

« Comme l’indique le titre de la loi, les choses des Eglises sont gérées par les Eglises - y compris les crèches - et sont séparées des choses de l’Etat : acte d’état civil, inscription à l’école, bureau de vote. Nous n’allons pas en mairie pour célébrer la naissance de Jésus, Hanoukka ou la fête de l’Aïd, mais bien pour y attendre un service public étatique... Nous n’attendons pas du maire qu’il soit l’arbitre des religions mais qu’il soit le premier magistrat de la commune », rappelle la présidente de la Ligue des Droits de l’homme de l’Hérault.

Même si le Conseil d’Etat reconnaît des exceptions limitées à cet article de la loi de 1905, « lorsqu’il s’agit de festivités culturelles ne faisant pas de prosélytisme, les crèches profanes, telles les crèches provençales qui reconstituent le village d’autrefois, avec le meunier ou la place du village. » Ce qui donne lieu à des polémiques sans fin entre usagers du service public et maires prêts à dévoyer ou inventer une tradition locale pour afficher une option politique, le choix d’une représentation de la « famille traditionnelle »...

Il faut le rappeler, écrit la laïcité c’est avant tout la liberté pour chacun de vivre sa foi, sa religion ou sa philosophie de vie, son agnosticisme ou son athéisme, en étant garanti de la neutralité de l’Etat. C’est la possibilité de savoir que l’accès aux institutions de l’Etat nous est garanti de la même façon, quelle que soit la croyance ou l’absence de croyance de l’administré et du représentant des pouvoirs publics.

« C’est un principe de paix sociale qui permet à chacun, le cœur serein, de savoir que sans crainte d’une quelconque discrimination, il peut s’adresser à l’administration. La République peut être aimée de tous et accueille tout le monde, sans acception de personnes », rappelle Sophie Mazas, dans Libération.


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