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Claudine Castelnau

 

28 novembre 2016

Connaissez-vous le petit Luther fabriqué par la firme allemande Playmobil bien connue pour ses jouets en plastique coloré ? Et voilà qu’un petit Luther de 7,5 cm en plastique, portant toge et coiffe de professeur et tenant dans une main une plume d’oie et dans l’autre la Bible ouverte a fait son apparition en février 2015 en prévision des célébrations des 500 ans de la Réforme.

L’idée est venue de l’office de tourisme de la ville de Nuremberg de créer ce gadget. Sans penser que ce serait un tel succès : les 34 000 exemplaires de la première édition ont été vendus en 72 heures en Allemagne, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis et en Italie alors que ce modèle ne figure pas dans le catalogue officiel parce qu’il avait été crée spécialement pour la ville de Nuremberg !
A la mi-juillet la firme en avait vendu 400 000 et plus de 500 000 alors que commençaient les célébrations des 500 ans de la Réforme.

Et un diacre de l’Eglise protestante de Mannheim a même crée une page Facebook spéciale « En voyage avec Luther » dédiée aux photos envoyées des quatre coins du monde et représentant le petit Luther et en arrière-plan un paysage au premier plan. « Une initiative sympathique et une manière autre et curieuse de s’approprier le personnage du moine augustinien », conclut l’article de l’hebdomadaire protestant italien Riforma.

 

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Dans la nuit du 19 au 20 novembre, le portail de l’église du château de Wittenberg, en Allemagne, a été vandalisé. C’est à cet endroit que le réformateur Martin Luther alors encore moine augustinien et prêtre avait affiché, le 31 octobre 1517, l’avant-veille de la Fête des morts, ses 95 « thèses » théologiques qui marquent symboliquement les débuts de la Réforme protestante.

De brèves affirmations pour répondre à la question capitale du salut qui le tourmente ainsi que ses contemporains. Un théologien protestant résume cette inquiétude : « Comment échapper à la colère de Dieu et mériter son amour ? Comment faire pour éviter après la mort, non seulement d’être précipité en enfer mais encore de passer de longs et douloureux moments au purgatoire ? »

Luther propose de recevoir avec confiance le salut que Dieu offre, gratuitement et non plus monnayé et dénonce la vente des indulgences, une manière promue par Rome d’acheter son salut.

Alors pourquoi aujourd’hui cette attaque à la peinture bleue sur le portail refait à neuf de l’église de Wittenberg alors que les Eglises protestantes du monde entier vont célébrer le 500e anniversaire de la publication de ces affirmations théologiques qui fondent la Réforme ? Et pourquoi, une croix gammée à la peinture bleue, dans le cimetière de l’église ? La police de Saxe enquête et relève que c’est la première attaque de style nazi contre un lieu symbole de la Réforme.

 

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On sait que le réformateur Martin Luther, qui était pourtant ami du peintre Lucas Cranach, était plus intéressé par la musique que par la peinture. C’est ce que raconte l’agence de nouvelles religieuses Religion News Service. Il a même déclaré un jour que la musique était « un demi sacrement » et que « à côté de la Parole de Dieu, le noble art de la musique est le plus grand trésor au monde ».

Mais il a aussi reconnu que les images avaient le pouvoir d’enseigner – une forme de pouvoir de communication que l’Eglise devrait utiliser - explique un théologien. « Aussi, depuis le début, il a défendu l’utilisation d’images. »

Presque 500 ans plus tard, trois musées américains à New York, Atlanta et Minneapolis, en coopération avec quatre institutions allemandes (dont le Musée historique de Berlin) ont choisi de montrer l’impact de Luther et de la Réforme. « Martin Luther, l’Art et la Réforme », c’est au Minneapolis Institute of Art du 30 octobre au 15 janvier. « Un homme Martin Luther, a littéralement changé le visage de l’Europe. explique le conservateur. Cela a changé la théologie, la politique, la société, les frontières politiques, une révolution dans l’éducation. »

Pourquoi minneapolis ? Parce que la ville concentre la plus importante population luthérienne des Etats-Unis (34 % des habitants sont luthériens et 37 % peuvent remonter jusqu’à leurs ancêtres d’Allemagne. Parmi les objets et peintures exposées, 16 viennent de l’atelier de Lucas Cranach le Vieux qui a peint un portrait facilement reconnaissable.

« Une production d’images autour de Luther s’est développée de manière étonnante, explique David Morgan, un théologien américain, président du département d’Etudes religieuses à la Duke University. Il était tellement célèbre que les gens voulaient voir à quoi ressemblait cet homme. En réaction, les catholiques se sont focalisés sur cela et ont commencé à le présenter sous forme de démon, de monstre pour contrer la propagande, dans leur culture de l’époque. »

Bien différent de l’attitude de réformateurs comme Jean Calvin qui dénonçaient les images religieuses comme étant idolâtres et les bannissait. « Luther a toujours dit qu’il n’y avait rien de mal à utiliser des images aussi longtemps qu’on ne les priait pas. »  Et Luther a donné plus d’importance à la prédication dans le service religieux et il a prêché jusqu’à sa mort en 1546.

Finalement, cette réflexion autour de Luther « nous dit que les gens de son époque devaient affronter de nouvelles idées comme nous aujourd’hui et qu’ils devaient décider comment y faire face », résume le conservateur du musée de Minneapolis qui expose un portrait de Martin Luther côte à côte avec celui de sa femme Katharina von Bora, peints par Lucas Cranach l’Ancien.


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