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Qui a voté pour Donald Trump ?


 


Claudine Castelnau

 

 

14 novembre 2016

Au lendemain d’une victoire donnée comme improbable par les instituts de sondage, les médias et nombre de politiques, la question est sur toutes les lèvres : mais qui a bien pu voter pour Donald Trump ?
Selon les sondages sortie des urnes, selon l’expression consacrée, 81 % des votants évangéliques blancs et « born again » auraient voté pour la star de reality-show et businessman devenu candidat à la Présidence, sans aucune expérience politique.

« Le triomphe de Donald Trump peut être le signal d’un “dernier hourrah” des mâles évangéliques blancs d’Amérique, ou au contraire, que leur influence est encore une fois en progression. Nous devons attendre pour voir, commente l’ancien conseiller spirituel du Président Bill Clinton dans un blog publié par la revue évangélique Christian Today.
Mais si sa victoire a été largement due à leur vote (81 % des évangéliques blancs, le vote le plus évangélique depuis Georges W. Bush), cette victoire devrait questionner [ces évangéliques] au plus profond d’eux-mêmes sur leur identité et le pourquoi de leur vote pour un homme qui a joué sur la peur des immigrants, la peur des musulmans, un dédain anti-scientifique concernant la question du réchauffement climatique et des attitudes racistes et sexistes contraires à la Bible ».


Mais avec les chiffres donnés par Christian Today pour illustrer les votes par religions en Caroline du Nord, un Etat de la « Bible Belt »  on voit que 35 % d’évangéliques, 19 % de protestants historiques et 12 % de protestants noirs d’Eglises historiques, ont voté Trump soit un total de 77 % de chrétiens protestants et 9 % seulement de catholiques. Mêmes résultats en Iowa, par exemple, avec 77 % de l’ensemble des protestants votant pour Trump.

Paula White, évangélique, conseillère spirituelle de Donald Trump et pasteur de la mégachurch New Destiny Christian Center en Floride a déclaré, au lendemain de l’élection : « Au delà des divisions, cette élection a révélé ce qui nous unit. Je n’ai jamais vu autant de solidarité entre évangéliques et catholiques, pentecôtistes, charismatiques et baptistes. Nous avons été portés par un amour commun pour notre pays et notre mutuelle foi en Dieu [...] et nous sommes prêts à aimer le monde ensemble d’une manière bien plus forte que si nous étions seuls ».

Franklin Graham, fils de l’évangéliste Billy Graham se réjouit de l’élection de Donald Trump dans la revue évangélique InfoChrétienne : « Dieu a posé sa main sur lui », déclare-t-il, ce qui signifie que Donald Trump est béni, qu’il est en quelque sorte l’élu de Dieu. Et le fait que contrairement à sa rivale Hillary Clinton, ou encore à Barack Obama, Donald Trump soit entouré « d’authentiques chrétiens évangéliques » dont le vice-président, Mike Pence, est pour Franklin Graham « quelque chose d’encourageant. »

Ce n’est pas le sentiment de David Silverman, président de l’association « Les Américains athées » qui voit dans cette collusion politique et religion pratiquée par Donald Trump, « des raisons de plus de lutter ». David Silverman encore voit « la séparation Eglises/Etat inscrite dans la Constitution en sérieux danger » et lance un « Help ! » [au secours] ».

Ou comme d’autres évangéliques, ou les mêmes, qui ont été tentés par Trump qui a promis de nommer à la Cour Suprême des juges opposés à l’arrêt Roe v.Wade, un arrêt rendu par la Cour suprême des Etats-Unis en 1973 qui reconnaissait l’avortement comme un droit constitutionnel. Mais la question de l’avortement est une question toujours hautement polémique, et en temps d’élection plus que jamais, divisant les activistes en pro-life et pro-choice.

 

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Parmi les « authentiques chrétiens évangéliques », loués par Franklin Graham, on vient de le dire, il y a Mike Pence, 57 ans, le nouveau vice-président. L’hebdomadaire Marianne ne lui fait pas de cadeau. Le 10 novembre, le magazine pose la question : « Sexiste, homophobe... Et si le vice-président Mike Pence était pire que Trump ? Il se décrit volontiers comme “un chrétien, conservateur et républicain, dans cet ordre d’importance”. Prêt à tout pour défendre des valeurs ultraconservatrices. Principales cibles de cet évangélique notoire : les femmes et les homosexuels », écrit Marianne qui relève que pour Pence, les femmes ne peuvent être dissociées de leur rôle de mère.

Travailler c’est dangereux pour la croissance et le développement de l’enfant. Et pas de femmes dans l’armée, ni d’homosexuels d’ailleurs, ces derniers affaiblissent les troupes. les femmes à la maison. Les homosexuels Pence est aussi opposé, sans surprise, à l’avortement et n’a cessé de réduire le champ d’application de l’IVG dans l’Etat d’Indiana. Dont il était le gouverneur.

De même il combat les actions de prévention du Planning familial et tous les financements fédéraux qui pourraient lui être alloués. Enfin parmi les perles homophobes, il soutient, le fait que les homosexuels sont responsables de « l’effondrement de la société ». Discrimination contre les homosexuels, projet de loi anticonstitutionnel les visant comme la possibilité aux entreprises de refuser de servir des clients au nom de leurs croyances. « Mais, conclut Marianne, de quoi séduire les 81 % d'évangéliques - première affiliation religieuse aux Etats-Unis - qui ont voté pour le camp républicain ce mardi 8 novembre. »

 


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Mais on en n’a pas fini avec Mike Pence. Car il est aussi créationniste ! C’est-à-dire qu’il croit que le monde a été crée en 6 jours comme le raconte le récit biblique de la Genèse. Une croyance religieuse présentée comme une théorie rationnelle, qui ne souffre aucune critique et doit être enseignée à l’école au même titre que la théorie de l’évolution.

Le Dr Shaena Montanari, une paléontologue spécialiste des dinosaures à l’Université d’Edimbourg en Ecosse raconte qu'en 2002 déjà, Mike Pence avait donné devant la Chambre des députés à Washington, une conférence qui était la négation passionnée de l’évolution, affirmant que cette théorie n’était qu’une théorie que Darwin n’avait jamais pu prouver.

Puis Mike Pence avait parlé des « conséquences catastrophiques » qui avaient suivi le fameux Procès du Singe en 1925 dans le Tennessee où un professeur de sciences naturelles avaient été jugé pour avoir enseigné à ses élèves que « l’homme descend du singe ».

Or, depuis 1920, des fondamentalistes protestants faisaient campagne pour éliminer des programmes scolaires la théorie de l’évolution « anti biblique et anti chrétienne » de Darwin. « Dieu ou le gorille, il faut choisir », criaient les manifestants créationnistes. Aujourd’hui, ils se contentent de faire de l’entrisme dans les programmes scolaires et d’exiger que le créationnisme, ou sa version soft mais tout aussi religieuse de « Dessein intelligent » (sous-entendu que le monde ne peut dans sa complexité, que découler du dessein de Dieu) soit enseignée en classe de biologie au même titre que l’évolution.

Mike Pence est en bonne compagnie avec l’opinion américaine puisqu’en 2014, une enquête du Pew Research Center, un institut américain indépendant d’études des opinions politiques, sociales et religieuses indiquait avoir trouvé que si 62 % des Américains adultes pensaient que les humains avaient évolué au cours du temps, 33 % seulement l’attribuaient à un processus naturel et 25 % affirmaient que l’évolution des humains étaient guidée par un être suprême.

Une réponse fortement religieuse, alors que les sans religion acceptaient à 91 % l’idée de l’évolution naturelle. Mike Pence vice-président, qui refuse de faire la différence entre une croyance religieuse et une théorie scientifique, est-ce la remise en question du progrès scientifique ? Et des crédits pour la recherche ? Sans parler des pressions qui risquent de renaître dans l’éducation pour faire imposer à nouveau le créationnisme au même titre que l’évolution.

 

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Heureusement, d’autres Américains qui se définissent comme évangéliques veulent en même temps préserver la liberté religieuse pour tous. C’est le cas de Deborah Fikes qui a été membre du comité de l’Association nationale des évangéliques et conseillère de l’Alliance évangélique mondiale. Elle est aussi membre du Conseil pour les relations étrangères et membre du bureau du Centre International pour la religion et la diplomatie.

Le 2 novembre le site du magazine Politico dressait un portrait d’elle alors qu’en tant qu’évangélique affirmée, elle avait pris position pour Hillary Clinton. Sa voix a du poids alors que l’Alliance évangélique mondiale représente quelque 600 millions d’évangéliques dans 129 pays. Quelques temps plus tôt elle avait écrit dans le New York Times un petit article expliquant que Hillary Clinton était la plus chrétienne des deux candidats et qu’elle méritait son appui. « Pour la première fois de ma vie, écrivait-elle, je dois rejeter le soutien politique sans critique du parti républicain [pour Trump] et j’appelle mes amis évangéliques à reconsidérer leur soutien. »

Son appel fût reçu fraîchement, entre autres, dit-elle, parce que « pour nombre d’évangéliques l’opposition à l’avortement est le seul critère qu’ils retiennent pour choisir un candidat et que Clinton est depuis toujours pro-choice. » Et elle regrette que Hillary Clinton, une méthodiste pratiquante, n’ait pas plus parlé de sa foi et fait valoir, dit-elle, son programme social en direction des femmes et des enfants qui rejoignent tout simplement les préceptes chrétiens.

Le Parti républicain prétend parfois « que Jésus-Christ est sur leurs cartes de visite mais leurs vues sur l’immigration, le contrôles armes, les questions environnementales, le désarmement est en contradiction flagrante avec cela. Quand vous aimez comme Jésus nous l’a appris alors vous êtes au service des pauvres, c’est cela la bonne nouvelle qui doit proclamée et partagée. »

Et Deborah Fikes, de l’Eglise baptiste a voté déjà Barack Obama en réaction à la politique du parti républicain sur l’immigration et le contrôle des armes. Depuis des années, Fikes travaille pour la défense des droits de l’homme à l’international. Elle a abandonné ses connections avec les organisations évangéliques. Mais l’évangile selon Deborah Fikes n’a pas encore atteint la Trump Tower ni le Grand Old Party, le Parti républicain.


 


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