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La révérende Antje Jackelen, primat de l’Église luthérienne de Suède et archevêque d’Upsala
donne l'accolade au pape


Les luthériens ont invité le pape

 


Claudine Castelnau

 

 

7 novembre 2016

« Luthériens et catholiques côte à côte pour commémorer les débuts de la Réforme ». Le titre du Monde le 31 octobre, dit tout l’inattendu de cet événement qui a eu lieu en Suède. A l’invitation de la Fédération luthérienne mondiale, le pape François a en effet participé au lancement des commémorations des 500 ans de la Réforme et au lancement de l’année Luther en 2017.

« Martin Luther aurait sans doute été le premier surpris d’apprendre qu’un pape participerait au coup d’envoi du cinquième centenaire de la naissance officielle de la Réforme, le mouvement religieux qui, à partir du XVIe siècle, allait bouleverser le christianisme d’Occident, relève Le Monde.
L’excommunication par Rome du prédicateur et théologien allemand, Martin Luther, qui le 31 octobre 1517, avait affiché sur la porte de l’église de Wittenberg (Saxe-Anhalt) les quatre-vingt-quinze “thèses” qui allaient fonder le protestantisme et provoque en Europe les conflits que l'on connaît, a longtemps rendu ce rendez-vous improbable.  Un “voyage important ” et “spécial” d’un point de vue ecclésial, a dit pape. »

Et un prêtre catholique de Suède, cité par Le Monde dira que « c’est un geste unique et historique, d’autant plus quand les conflits et les divisions déchirent si souvent la société et le monde. C’est une façon d’amener de l’espoir dans la vie des gens. »

Visite symbolique aussi. Au delà de Luther, la Suède un pays où plus de 80 % de la population appartient à l’Eglise nationale luthérienne et c’est là que fût fondée, en 1947, la Fédération luthérienne mondiale qui regroupe 140 Eglises représentant quelque 70 millions de membres.
Des différents théologiques demeurent, évidemment, entre le luthéranisme, partie du protestantisme et le catholicisme même si des gestes théologiques ont permis des relations apaisées et la levée de condamnations réciproques ces dernières années.
« Nous ne pouvons nous résigner à la division et à l’éloignement que la séparation a provoqués entre nous, a affirmé le pape lors du service à la cathédrale de Lund. Nous avons l’occasion de réparer un moment crucial de notre histoire, en surmontant les controverses et les malentendus qui souvent nous ont empêchés de nous comprendre. »

Et l’envoyée du Monde relève que le chef de l’Eglise catholique a reconnu « avec gratitude que la Réforme a contribué à réévaluer la place centrale accordée aux textes bibliques dans la vie de l’Eglise. » Et encore que « l’expérience spirituelle de Martin Luther, est un défi pour nous : sans Dieu nous sommes incapables de quoi que ce soit [...] Avec l’affirmation de “par la grâce seule” [c’est-à-dire la justification par la foi sans les œuvres], Luther nous rappelle que Dieu prend toujours l’initiative, avant la réponse de l’homme, même s’il cherche à la susciter. »

Il y a quelques années encore, la venue du pape aurait été « inimaginable », relève l’hebdomadaire protestant Réforme citant un archevêque catholique de Lituanie. Et un théologien allemand, cité par Réforme, relève que « c’est la perspective commune qui est révolutionnaire. Pendant 500 ans, nous avons eu deux interprétations séparées de l’Histoire. Pour les catholiques, Martin Luther était un hérétique. Pour les luthériens, il était le héros ».

Mais si l’unité des chrétiens est un but à atteindre, elle ne peut se faire que dans l’égalité des Eglises et en respectant leur diversité théologique. Bien sûr aussi, la question de l’ordination des femmes est revenue, comme à chaque voyage du pape. Avec une fin de non-recevoir décevante et un « jamais, jamais ».

Mais cette fois-ci, dès son atterrissage à Malmö, en Suède, il a été confronté physiquement à la question et à ce qui fait l’une des différences visibles entre Eglises luthériennes, mais aussi réformées, anglicanes, méthodistes et catholique : C’est une femme, Antje Jackelen, primat de l’Eglise luthérienne de Suède et archevêque d’Upsala qui l’accueillait, vêtue de sa robe pastorale avec son rabat blanc. Et bien évidemment, leur chaleureuse accolade au moment du baiser de paix, lors de la cérémonie œcuménique dans la cathédrale de Lund a fait la joie des photographes !

Mais le cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité chrétienne souligne lui que la présence d’une femme archevêque à la tête de l’Eglise luthérienne de Suède « est un obstacle sur la voix de la reconnaissance des traditions de l’autre Eglise. »

Pauvre cardinal, il doit se sentir cerné par ces femmes et pas seulement en Suède, mais dans l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis ou l’Eglise anglicane sans parler des femmes pasteurs réformées ou méthodistes qui sont à la tête de leur Eglise, de diocèses ou de régions ecclésiastiques.

Le désaccord demeure aussi sur l’interprétation de la communion partagée, et d’autres sujets plus éthiques. Mais pour le président de la Fédération luthérienne mondiale, Munib Younan, évêque luthérien palestinien de Jordanie et de Terre sainte, « Cette réunion historique envoie au monde entier le message que des engagements religieux fermement tenus peuvent conduire à des réconciliations plutôt qu’à contribuer toujours à plus de conflits dans notre monde troublé. »

 Et pour illustrer cette volonté d’affronter ensemble l’aide aux réfugiés, Caritas International, l’agence catholique et le Service mondial de la Fédération luthérienne ont décidé de travailler plus étroitement.

 


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Et qu’est-ce que ces 95 thèses de Luther
dont on va commémorer l’affichage qui eu lieu intentionnellement le 31 octobre 1517, l’avant-veille de la Fête des morts et marquent symboliquement les débuts de la Réforme protestante ?

Matthieu Arnold, professeur d’histoire du christianisme moderne et contemporain à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg rappelle l’affaire :

« [...] Quand, en octobre 1517, Martin Luther (1483-1546) rédige cette série de 95 brèves affirmations [...] en latin, il enseigne depuis plusieurs années à la faculté de théologie de l'université de Wittenberg, en Saxe ; il est aussi prêtre reçoit les confessions de ses paroissiens et prêche régulièrement. Luther attache, comme ses contemporains, une importance capitale à la question du salut : comment faire pour éviter, après la mort, non seulement d'être précipité en enfer, mais encore de passer de longs et douloureux moments au purgatoire ? Comment échapper à la colère de Dieu et mériter son amour ? Ces interrogations l’ont tourmenté durant des années.

En 1517, grâce à la lecture intense de la Bible, il a trouvé la solution : il ne s'agit pas pour l’être humain d’accumuler des bonnes œuvres (jeûnes, pèlerinages...), mais de recevoir, avec confiance, le salut que Dieu offre. Dans ce contexte, la prédication des indulgences, ces billets dispensés par l'Église et que l'on pouvait acquérir contre argent sonnant, ne manque pas de le faire réagir.

Afin de financer la construction de la basilique Saint- Pierre de Rome, Léon X pape de 1513 à 1521, avait accepté que les indulgences soient prêchées en Allemagne. Outre leur intérêt financier pour le pape, elles étaient appréciées de maints fidèles qu'elles rassuraient [...] Cependant, la prédication des indulgences connaissait des dérives. Ainsi en 1517, Johann Tetzel (1465-1519), chargé de prêcher les indulgences en Allemagne, affirmait qu'elles effaçaient tous les péchés, y compris les pires d'entre eux et sans qu'il soit nécessaire de s'en repentir. Selon lui, les indulgences valaient pour les défunts : dès que l'argent versé tintait dans la caisse, l'âme retenue au purgatoire s'en échappait et allait au ciel.

Pour Luther, ce message dénaturait la bonne nouvelle contenue dans la Bible : quoi de commun entre cet au-delà monnayé et le salut authentique ? Aussi suscita-t-il un débat universitaire et ses “95 thèses” furent affichées aux portes des églises de Wittenberg [...] Rédigées en latin pour des universitaires, les “95 thèses” ne voulaient pas diviser la chrétienté, mais débattre d'une question a priori secondaire, les limites du pouvoir de l'indulgence. Le débat universitaire n'eut pas lieu, mais il fut rapidement porté sur la place publique. Traduites en allemand et imprimées, les thèses connurent une diffusion que Luther n'avait pas prévue : en quelques mois, elles touchèrent l'ensemble des Allemands. L'absence de réaction de la papauté puis son refus d'une discussion de fond, allaient provoquer, trois ans plus tard, la rupture définitive de Luther avec l'institution qu'il avait simplement souhaité améliorer. »


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