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Les Yézidis

 


Claudine Castelnau

 

31 octobre 2016

L’actualité nous fait parfois don d’un rayon de soleil au milieu de nouvelles angoissantes. Ainsi la semaine passée, deux jeunes femmes irakiennes ont reçu le prix Sakharov 2016 « pour la liberté de l’esprit ». Membres de la comunauté yézidie, ce sont de miraculeuses rescapées de l’enfer de Daesh. Deux très jeunes femmes : Nadia Murad Basee a 23 ans, et Lamia Haji Bachar 18 ans, faites prisonnières et réduites en esclavage sexuel par l’organisation Etat islamique en 2014, après le massacre d’une partie des habitants de leur village par les djihadistes.

Parvenues à s’échapper, elles se sont lancées dans la dénonciation de la défense des droits des yézidis dont, selon des experts de l’ONU quelque 3200 seraient prisonniers de Daesh, la majorité en Syrie. Nadia Murad, la plus âgée est depuis septembre ambassadeur de bonne volonté auprès des Nations-Unies pour la dignité des survivants du trafic d’êtres humains et toutes deux voudraient que la communauté internationale considère les persécutions de leur peuple en 2014, comme un génocide.

Le Parlement européen a donc récompensé, selon les termes d’un député européen, « l’incroyable bravoure et l’humanité » des deux jeunes femmes, devenues icônes yézidies. Le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit qui porte le nom du dissident soviétique célèbre, Andrei Sakarov, a été crée en 1988 par le Parlement européen pour honorer ceux, individus ou organisations, ont consacré leur existence à la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales. C’est ainsi que l’an dernier, le Prix Sakahrov avait décerné au jeune bloggueur saoudien Raïf Babaoui, condamné à la flagellation (1000 coups de fouet) et à la prison pour « insulte » envers l’islam, en fait la revendication de son droit à la liberté d’expression et à la liberté de pensée.

 

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« Qui sont les yézides, cible des djhadistes en Irak » ? « L’une des cibles de l’Etat islamique en Irak [qui les considère comme des hérétiques polythéistes] une communauté kurdophone, expliquait Le Monde du 12 août, après la prise de leur bastion, Sinjar, le 3 août. « 35 000 yézidis avaient dû fuir dans les montagnes sans eau ni nourriture, sous une chaleur pouvant atteindre les 50°. Adorateurs du diable pour certains, païens pour d’autres, les membres de cette communauté sont persécutés depuis longtemps. »

Ils seraient entre 100 000 et 600 000 en Irak, l’une des populations les plus anciennes de la Mésopotamie, la région entre le Tigre et l’Euphrate, en grande partie l’Irak actuel. Leur principal lieu de culte est dans le Kurdistan irakien mais plusieurs milliers de yézidis habitent en Syrie, en Turquie, en Arménie et en Géorgie ainsi qu’en Europe : en Allemagne, par exemple, ils sont 40 000.

A la question du Monde : Quelles sont leurs croyances ? Frédéric Pichon, un spécialiste du Proche-Orient répond que « le yézidisme est une religion monothéiste, pré-islamique, qui puise une partie de ses croyances dans le zoroastrisme, [on parle aussi de manichéisme] la religion de la Perse antique. Leur culte et leurs rituels se transmettent oralement, c'est pourquoi on ne devient pas yézidi, on naît yézidi. Les fidèles de cette religion croient en un dieu unique [...] Comme pour les musulmans et les chrétiens, le bien et le mal occupent une place importante chez les yézidis. Présents dans le cœur des hommes, il ne tient qu'à eux de faire le bon choix. »

 


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Pourquoi les yézidis, ni arabes, ni musulmans, sont-ils persécutés depuis la nuit des temps ? Le spécialiste Frédéric Pichon répond que « c'est parce que les autres religions, que ce soit l'islam ou le christianisme, ont une interprétation erronée de leur culte. En Irak et en Syrie, on les a pris pour des adorateurs du diable parce qu'ils ont fait une espèce de bricolage entre les deux religions du Livre (islam et christianisme). L'archange Malek Taous [l’un des sept anges qui a participé à la création du monde, selon les yézidis] a ainsi faussement été pris pour le diable par les musulmans. Certaines pratiques et restrictions des yézidis peuvent paraître farfelues. Par exemple, les yézidis ne peuvent manger de laitue ou porter des vêtements bleus. Ces pratiques ont contribué à créer une forme de mépris chez leurs voisins musulmans. Les yézidis sont des adorateurs du feu, ce qui les fait apparaître comme des païens aux yeux des Syriens. L'islam n'a pas de considération pour cette religion, contrairement au christianisme et au judaïsme, qui sont tolérés. »

Et un journaliste cité par Le Monde, le 12 août, qui venait de rencontrer des réfugiés yézidis à la frontière turco-syrienne parlait de leur peur panique et de leur dénuement. Ces gens racontaient des scènes de carnage insoutenables, perpétrées par les forces de Daesh : « Les forces de l’Etat islamique s’acharnent contre eux. Ils veulent tous les assassiner », disait ce journaliste.

Et l’ONU, qui évalue à environ 3200 les yézidis actuellement aux mains de Daesh, la majorité d’entre eux en Syrie, a taxé de « tentative de génocide ». l’assaut par les djihadistes de Daesh du fief yézidi sur le mont Sinjar où ils s’étaient réfugiés cet été. Les filles tombées aux mains des djihadistes deviennent des esclaves sexuelles, comme l’ont raconté courageusement les deux jeunes femmes qui ont reçu le prix Sakharov, les garçons yézidis sont endoctrinés et envoyés au combat. D'après Frédéric Pichon, un spécialiste de la région, l'Etat islamique applique à la lettre la doctrine de l'islam conquérant.

« L'Etat islamique est dans une logique de régénération de l'islam, dans une volonté de purification de la religion comme l'étaient les “Born again Christians”, les atrocités en moins », explique : « Le problème yézidi n'est pas un problème religieux, c'est une question de domination totalitaire. Une fois que l'Etat Islamique en aura fini avec les yézidis, il s'en prendra à une autre minorité. Ce n’est pas la première fois que les yézidis sont persécutés. »

D’où ce rayon de soleil symbolique bienvenu avec le prix Sakharov pour Nadia et Lamia.


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