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Burkini, burka, bikini...



Claudine Castelnau

 

5 août 2016

Notre été aura été désatbilisé par la tenue de quelques femmes en noir ou en vert
, couvertes de la tête aux pieds, par une tenue sans nom sensée protéger leur pudeur et suivre, approximativement, un commandement d’Allah qui n’existe que dans la tête de quelques hommes, souvent revenus d’Arabie Saoudite, prétexte à borner un peu plus la liberté des femmes.

C’est d’abord dans un piscine qu’un essai a été tenté et raté, puis c’est sur quelques  plages que cette drôle de tenue est apparue. Elle a provoqué ici ou là des heurts, comme en Corse, des PV comme sur la Côte, des arrêtés l’interdisant, soit cassés soit retirer depuis et l’on reste navrés par tant de bêtise : on aurait aimé que ces femmes s’aventurant sur une plage puisse profiter du soleil et faire provision de vitamine D pour l’hiver au lieu d’être ridiculisées. Et sans en faire une affaire d’Etat en agitant les grands principes de défense de l’ « ordre républicain » ou de la laïcité...

On a vu monter au créneau la philosophe Élisabeth Badinter connue pour avoir déjà vivement réagit contre le foulard à l’école. Cette fois-ci elle estime dans un entretien au Monde que beaucoup de citoyens sont « tétanisés par l’accusation d’islamophobie. Être traité d’islamophobe est un opprobre, une arme que les islamo-gauchistes ont offerte aux extrémistes. Taxer d’islamophobie ceux qui ont le courage de dire  : ‘Nous voulons que les lois de la République s’appliquent à tous et d’abord à toutes’ est une infamie". » Et elle appelle « au boycott des enseignes qui ont décider de créer des vêtements de mode islamique. » Pour Elisabeth Badinter, il est urgent « de ramener dans le giron de la République cette frange de la population en sécession » qui vit dans les quartiers difficiles.

On a beaucoup discuté du burkini à l’étranger et les positions controversées révèlent d’abord la culture sous-jacente. Certains médias anglo-saxons ont dit leur étonnement. Pour eux c’est une question de liberté, de droit, comme de posséder toutes les armes disponibles, éventuellement pour s’en servir contre son prochain... Ils s’étonnent, comme le New York Times cité par Figarovox/Analyse, que la France « craigne de perdre son âme pour un bout de tissu ?

Selon Christophe de Voogd, enseignant à Science-Po Paris, qui analyse la réaction de ces médias anglo-saxons, sur ce site, l ne s’agit pas d’un débat stérile « pour un bout de tissu. Si l'affaire fait si grand bruit, écrit-il, c'est qu'elle soulève des questions fondamentales : place de islam dans la société, condition de la femme, laïcité, règles du vivre-ensemble, le tout dans le contexte très tendu du terrorisme islamiste. Bref tous les ingrédients de ce que le grand sociologue Marcel Mauss appelait un “fait social total” donnant à voir les valeurs et les règles fondamentales d'une société. »

Et de rappeler qu’il est question ici d’égalité entre les sexes. En outre, se référant au philosophe anglais John Locke et à son Essai sur la Tolérance (1667) Christian de Voogd relève que celui-ci était pour une grande tolérance en matière de vêtements dans l’espace public sauf si une mode vestimentaire  devient un signe de ralliement  et met en question l’autorité civile.
Or, écrit-il, « cette dimension politique est indiscutable dans le port du burkini. Celui-ci n'a rien à voir avec la tradition musulmane multiséculaire, qui prescrit au contraire le respect des coutumes du pays d'accueil, surtout hors du “territoire de l'Islam” (dar al-islam). Il faudrait enfin entendre les nombreuses voix musulmanes qui ne cessent de le rappeler. Etrange “tradition” vestimentaire d'ailleurs, qui n'a pas 20 ans d'âge et qui, comme la burqa, a fait soudain son apparition sous nos cieux longtemps après l'arrivée des populations d'origine maghrébine [...] La "République", version française de la démocratie libérale, est plus autoritaire et plus assimilatrice que le modèle anglo-saxon.
D'où les incompréhensions réciproques. Notre tradition juridique met ainsi en avant avec rigueur, et parfois avec excès, l'impératif de "l'ordre public", notamment en matière d'expression religieuse [...]
Le plus grave pourrait bien concerner l'Islam lui-même, pris en otage par la dérive sectaire du salafisme. Dire, comme certains médias, que le burkini a pour but de «permettre aux femmes musulmanes de se baigner», c'est tomber dans l'amalgame que l'on prétend dénoncer. En France, tant au regard de la tradition républicaine que des prescriptions islamiques, «les femmes musulmanes» ne sont pas assignées à une tenue vestimentaire obligatoire. Ni en ville, ni à la plage. Gare à la “burkinisation” insidieuse des esprits. »


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