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Malaisie, Indonésie

musulmans et chrétiens

 

8 février 2010

On se souvient de la flambée de violence et des tensions déclenchées par la Haute Cour de justice de Malaisie qui, en décembre dernier avait autorisé un hebdomadaire catholique The Herald, a utiliser le mot Allah pour désigner Dieu dans sa version en malais.
Ce jugement contredisait l’interdiction faite par le gouvernement de Malaisie aux non-musulmans, c’est-à-dire aux chrétiens, de nommer Dieu, Allah.

Les médias avaient relevé à l’époque, que dans la partie malaisienne de l’ile de Bornéo, où l’hebdomadaire catholique était lu, les gens qui ont le malais comme langue véhiculaire et dont les livres religieux sont rédigés en malais, utilisaient depuis des temps immémoriaux le mot d’Allah pour désigner Dieu et que ceux qui protestaient ignoraient tout de cette utilisation linguistique jusqu’à ce que son interdiction soit décidée !

Mais dans le contexte interethnique très tendu en Malaisie, peuplée à 60 % de Malais musulmans et à 9 % de chrétiens d’origine chinoise ou indienne, le jugement de la Haute Cour avait été perçu comme une insulte par beaucoup de musulmans pour qui Allah est « exclusivement réservé aux musulmans » et qui ont manifesté à la sortie des mosquées, manifestations encouragées et parfois organisées par des imams.
L’un d’entre eux a même demandé aux fidèles de sa mosquée, lors d’un prêche, de « s’unir contre les chrétiens pour protéger la sainteté de l’islam. »
Une chrétienne expliquait à l’envoyé spécial de Libération « Les musulmans ont le sentiment que leur religion est en état de siège ». Un sentiment étrange, alors même que les musulmans sont plus de la majorité de la population.

Quant à la crainte exprimée par certains que par la confusion du vocabulaire Dieu/Allah, s’installe une confusion, voulue par les chrétiens, qui ferait changer de religion les musulmans, elle revient à prendre les Malais musulmans pour des « idiots », comme le relevait un universitaire du pays !

Le quotidien britannique The Telegraph explique qu’il est implicitement admis que le nom d’Allah étant utilisé dans le Coran, il ne faut pas laisser les chrétiens l’utiliser pour désigner leur faux dieu. Le problème est qu’en Malaisie, l’arabe n’est pas la langue maternelle des musulmans. Une telle incompréhension ne pourrait avoir lieu dans un pays où chrétiens et musulmans parleraient arabe et dont le seul mot pour dire Dieu est Allah.

 

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On vient d’apprendre qu’en Indonésie, deux églises pentecôtistes situées dans le nord de Sumatra ont brûlé dans la nuit du 20 janvier après qu’une foule de quelque 1000 personnes y ait mis le feu volontairement.

L’incident est le résultat d’une tension croissante entre membres des deux communautés pentecôtistes et la communauté musulmane locale. Le secrétaire exécutif du synode des Églises chrétiennes en Indonésie a déclaré qu’en Indonésie « le christianisme est légal mais que les chrétiens sont souvent menacés. »

C’est ce que souligne aussi l’un des responsables de la plus grande organisation musulmane indonésienne : dans une étude destinée à promouvoir le pluralisme en Indonésie. Il a constaté qu’en 2009, sur 35 cas de violation de la liberté religieuse, 28 concernaient les chrétiens.

 

 

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