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Israël

soldats « religieux »

 



12 janvier 2010

Des soldats israéliens ont attaqués et blessés des bergers palestiniens qui faisaient paître leurs moutons près du village de At-Tuwani, au sud de la ville d’Hébron, le 7 janvier, rapporte l’agence Ekklesia. Les soldats ont aussi malmenés des membres d’un équipe de pacifistes chrétiens des Christian Peacemakers Teams qui accompagnaient les bergers.

Ces bergers qui gardaient leurs bêtes sur des terres privées palestiniennes ont reçu l’ordre de quitter l’endroit. Ils ont d’abord tenté de faire valoir que c’étaient leur terre puis ont accepté de partir plus loin dans la vallée mais les soldats qui les suivaient ont commencé à les agresser et à jeter certains d’entre eux à terre où ils ont continué à les frapper.
Des parentes des bergers qui tentaient de faire cesser ces violences se sont retrouvées maintenues à terre et les pacifistes qui voulaient filmer ces violentes attaques ont aussi été bousculés et l’un de leurs appareils de photo cassé.
Comme d’autres villageois arrivaient sur les lieux, les soldats ont fait usage de grenades et de gaz lacrymogènes, en particulier contre un groupe de femmes et d’enfants.

Le lendemain de ces incidents, un berger était toujours retenu par la police de Kiryat Arba, la colonie israélienne d’où sont partis les soldats. Et deux femmes, l’une âgée, l’autre jeune et enceinte de deux mois ont dû être hospitalisées à cause des gaz lacrymogènes inhalés ainsi que trois des bergers et un jeune garçon qui souffrent de blessures.
La police israélienne a promis de faire une enquête.

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La famille Raba’i dont font partie les bergers de même que les autres villageois de At-Tuwani sont engagés depuis cinq ans dans une stratégie de non-violence pour empêcher leurs terres d’être occupées par les colonies israéliennes environnantes. Ils sont accompagnés dans cette démarche non-violente par la présence continuelle de militants pacifistes du mouvement des Christian Peacemakers Teams depuis 1995 dans la région d’Hébron, qui s’opposent avec les Palestiniens et des groupes pacifistes israéliens à l’occupation militaire israélienne, au harassement constant de la part des colons, aux démolitions de maisons palestiniennes et à la confiscation des terres.

Les Christian Peacemakers Teams sont issus dans les années 80 du protestantisme pacifiste mennonite et quaker américain auquel se sont joints des baptistes, des presbytériens et d’autres mouvements pacifistes chrétiens américains.
Ils sont aussi présents en Colombie, en Irak, en Afrique dans des situations de crise et dans des zones militarisées, à l’invitation de militants des droits de l’homme locaux...
Ils ont un slogan : « Qu’arriverait-il si les chrétiens consacraient le même engagement et le même dévouement à une paix non violente que les armées en consacrent à la guerre ? »

A-t-on affaire, dans cette histoire à des soldats religieux qui aujourd’hui inquiètent sérieusement les autorités israéliennes et prennent de plus en plus souvent le parti des colons contre les Palestiniens, au mépris de la loi ? En décembre dernier, le correspondant du Monde à Jérusalem faisait état de rabbins ultra-orthodoxes qui enjoignaient aux soldats de désobéir aux ordres d’évacuation des colons, par exemple.
Au point que le ministre de la Défense, Ehoud Barak, a dû sanctionner financièrement le rabbin Eliezer Melamed, chef d’une yeshiva hesder (une école talmudique) liée à l’armée qui a perdu 20 % de subventions de l’armée.

Pourquoi ? Une quarantaine de yeshiva comme celle-ci permettent à quelque 7500 soldats religieux de raccourcir leur service militaire (18 mois au lieu de 3 ans) tout en poursuivant des études religieuses. Ce service militaire adapté à été crée pour répondre au phénomène croissant des sionistes religieux dans l’armée.
Aujourd’hui, les soldats portant la kipa sont légion et Tsahal compterait 50 % d’officiers subalternes religieux.

Or, par définition, les religieux sont favorables aux colons et contestent les ordres d’évacuation de colonies illégales. C’est ainsi qu’entre octobre et novembre 2009, des soldats religieux de trois bataillons, tous formés dans une yeshiva liée à l’armée, avaient manifesté publiquement leur opposition à des évacuations de colons.
L’un des bataillons rebelles avait même manifesté devant le Mur des Lamentations ! Le correspondant du Monde écrivait à l’époque que « les yeshiva hesder sont devenus un bastion de l’extrême droite, et le risque de créer une “armée religieuse” dans l’armée est aujourd’hui réel. »

 

 

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