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Expulsion
de l'imam Mahjoub Mahjoubi
de Bagnols-sur-Cèze



 

Claudine Castelnau


26 février 2024

 

C’est sur des extraits de prêches recensés par la préfecture du Gard que les autorités ont justifié l’arrêté d’expulsion visant l’imam Mahjoub Mahjoubi de Bagnols-sur-Cèze.  L’école publique accusée de « dispenser des cours sur la reproduction humaine aux enfants », « l’élimination de tous les non-musulmans, prévue à la fin des Temps », les juifs présentés comme « le mal absolu »…

Et ce jeudi 22 février, « l’imam a été expulsé du territoire national », a annoncé le ministre de l’Intérieur. Selon les termes de l’arrêté, il était reproché à ce religieux musulman du Gard, de nationalité tunisienne, d’avoir véhiculé « une conception littérale, rétrograde, intolérante et violente de l’islam, de nature à encourager des comportements contraires aux valeurs de la République, la discrimination à l’égard des femmes, le repli identitaire, les tensions avec la communauté juive [et la radicalisation djihadiste » dans des prêches du 2, 9 et 16 février 2024, tenus dans une mosquée de Bagnols-sur-Cèze (Gard).

 

L’imam est aussi visé par une enquête préliminaire pour « apologie du terrorisme. » « On n’aura plus tous ces drapeaux tricolores qui nous gangrènent, qui nous font mal à la tête. Qui n’ont aucune valeur auprès d’Allah. La seule valeur qu’ils ont, c’est une valeur satanique » avait-t-il déclaré dans une prédication où il évoquait aussi « tous ces drapeaux qu’on a dans les matchs. Et on crie et on tape les musulmans sur la tête, on les insulte. Ce sont des drapeaux sataniques. Ceux qui les ont imposés, c’est tout simplement pour qu’on se déteste, que la haine soit dans nos cœurs [ …] » ce que son avocat explique comme un « prêche sur la division des musulmans » et « une méprise de la langue française… »

Autre élément à charge : les cours d’arabe que Mahjoub Mahjoubi dispensait  dans sa mosquée à des garçons et filles à partir de 7 ans et que le Service départemental à la jeunesse avait suspendu à la rentrée pour « des problèmes de conformité », sans plus d’explication.

Les autorités françaises, écrit Le Monde de ce samedi, accusent aussi l’imam de « propos haineux et discriminatoires à l’égard des non-musulmans et de la société française » qu’il aurait décrite comme « belliqueuse et pourrie. » Il appelait ainsi à « la destruction de la société occidentale jugée décadente » et déplorait, dans un sermon du 2 février, que « les mosquées ne produisent plus de combattants comme au temps du prophète. »

D’ailleurs, relève encore Le Monde, la procureur de Nîmes, dont dépend Bagnols sur Cèze, avait annoncé la semaine dernière avoir ouvert une enquête préliminaire contre l’imam pour « apologie du terrorisme ». « Cet imam ne respecte même pas sa propre religion, l’islam lui demande de respecter le pays qui l’accueille », affirme Tareq Oubrou, grand imam de la mosquée de Bordeaux qui parle d’un dévoiement de l’islam en une religion totalitaire. Cet imam, Mahjoub Mahjoubi, « veut soumettre le monde à une seule religion, l’islam. Cet islam n’a jamais existé, cet imam prône un islam qui n’existe pas » et veut soumettre le monde à son Dieu.


Le quotidien catholique La Croix a, à cette occasion, recensé quelques uns des « imams étrangers » contraints de quitter la France ces dernières années.

 On remarque que le dernier en date, l’imam tunisien Mahjoub Mahjoubi de Bagnols sur Cèze a été expulsé pour avoir proféré dans ses prêches des appels à la haine visant les femmes, les juifs ou une société française qualifiée de « pourrie ». Mais il semble que ce motif d’expulsion pour « incitation à la haine » soit un classique ! Ainsi l’imam marocain Hassan Iquioussen, expulsé vers le Maroc en janvier 2023 pour « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine, notamment envers les juifs et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ». 

Ou encore l’imam Mmadi Ahamada de la mosquée de Saint-Chamond suspendu en 2022, pour un prêche, entre autres, où il promouvait une sourate du Coran : « Femmes musulmanes, tâchez d’obéir aux droits d’Allah et à ceux de vos époux, restez dans vos foyers. » Mmadi Ahmada a finalement été expulsé vers les Comores, son pays d’origine, avec femme et enfants, son autorisation de séjour n’ayant pas été renouvelée.

La Croix cite encore l’exemple de Doudi Abdelhadi, imam d’origine algérienne d’une mosquée au centre de Marseille, expulsé en 2018 pour des prêches jugés trop radicaux. La Cour européenne des droits de l’homme qui avait à juger de l’affaire a donné son feu vert pour son expulsion de France estimant que les prêches de l’imam constituaient des « actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes. »

La Croix ajoute : « Plusieurs imams ont également été expulsés sous les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, pour des propos discriminatoires ou d’incitation à la haine, à l’instar de l’imam tunisien Mohammed Hammami en 2012, ou encore une dizaine’ d’imams en 2015. »



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