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CES QUESTIONS QUI INQUIÈTENT LA FOI

 

 

Y a-t-il des guérisons miraculeuses ?

 

 

Alain Houziaux

 

 

19 avril 2010

Les opinions sont très partagées. Beaucoup,-même parmi les chrétiens, pensent qu’il n’y en a pas. D’autres, au contraire, sont tentés de considérer que toutes les guérisons « inexplicables » sont miraculeuses. Mais c’est incontestablement abusif.
D’ailleurs, la notion de guérison « inexplicable » est très imprécise. Tout dépend des critères que l’on utilise. Selon le Comité médical international de Lourdes (chargé d’examiner les guérisons apparemment miraculeuses se produisant à Lourdes), pour qu’une guérison puisse être considérée comme inexplicable, il faut qu’elle soit subite, irréversible et que le malade n’ait suivi aucun traitement thérapeutique qui puisse avoir, au moins partiellement, favorisé la guérison.
Et, pour écarter toute influence du psychisme sur la guérison, la maladie ne doit avoir aucune composante psychologique. Il faut aussi avoir la preuve que la maladie qui a été guérie était inguérissable et que l’état « avant » guérison n’incluait pas déjà, en germe, la possibilité d’une évolution vers une guérison naturelle par une rémission spontanée (il arrive en effet que des personnes ayant des maladies graves, condamnées à court terme par la médecine, guérissent naturellement et spontanément).

Du fait de cette dernière exigence, le nombre de guérisons qui ont pu être considérées comme inexplicables par le Comité a considérablement diminué au fur et à mesure que sont apparus les outils permettant de diagnostiquer chez les malades une possibilité d’ évoluer spontanément vers la guérison. De 1975 à 2005, le Comité n’a retenu que cinq guérisons inexplicables.

Mais en 2005, le Comité de Lourdes a assoupli ses critères. Il n’exige plus, entre autres, que la maladie ait été considérée comme incurable. Du coup, en décembre 2008, cinq guérisons ont été reconnues « remarquables » (et non plus inexplicables) par le Comité !

Il y a donc très peu de guérisons incontestablement inexplicables. D’ailleurs celles qui le sont aujourd’hui pourront très bien être expliquées ultérieurement lorsque la médecine aura accompli de nouveaux progrès. Ainsi la découverte des microbes par Pasteur en 1857 et celle du bacille tuberculeux par Koch en 1892 a permis d’expliquer bien des maladies et aussi bien des guérisons inexpliquées jusque là. Aujourd’hui, pour expliquer certaines guérisons « inexplicables », certains chercheurs ont émis l’hypothèse que le corps puisse être parcouru par des circuits électroniques (peut-être utilisés par l’acupuncture), neurologiques, hormonaux (ayant peut-être un lien avec les chakras de la médecine indienne) ou magnétiques qui pourraient être à l’origine de certaines guérisons inexpliquées.

 

Quelques hypothèses pour expliquer les guérisons miraculeuses

 

L’« effet placebo » est sans doute au cœur de bien des guérisons « par la foi » puisque croire à la possibilité de la guérison suffit quelquefois à la susciter. Il est peut-être une forme légère d’hypnose ou d’autohypnose (que l’on peut rapprocher de l’état de méditation et de prière). Il permet un lâcher prise des résistances qui s’opposent à la guérison et favorisent ainsi une guérison spontanée et naturelle. De fait, l’hypnose a été utilisée avec succès dans le traitement de différentes pathologies (asthme, allergies, eczéma, maladies de peau, addiction au tabac, etc.). Et l’autohypnose, popularisée par la technique de relaxation du « training autogène », a des effets avérés dans les mêmes domaines.

Autre hypothèse qui pourrait expliquer certaines guérisons « miraculeuses » même sur des maladies organiques et physiques considérées comme inguérissables suscitées par des perturbations fonctionnelles (par exemple certaines maladies cardiaques dues à une hypertension ou certaines tuberculoses dues à un fléchissement de résistance du terrain général). Ces maladies seraient suscitées par des affects psychologiques inconscients dus à des traumatismes liés à la petite enfance qui ressortiraient à l’âge adulte sous forme d’une lésion organique.
Dans ce cas, l’intervention d’un guérisseur ou la participation à un pèlerinage peuvent se révéler efficaces. Elles interviendraient sur la cause même de la maladie, à savoir sur le traumatisme psychologique subi par le malade pendant son enfance, et elles le feraient sur un mode adapté au caractère infantile de ce traumatisme, d’une part parce qu’elle agissent sur le mode magique qui est celui de l’enfance et d’autre part parce que le guérisseur, ou la Vierge, symbolisent pour le patient tel ou tel personnage de son univers d’enfance (son papa tout-puissant, sa maman secourable et aussi la Vierge et le Dieu de sa foi d’enfant). Mis en relation avec le guérisseur ou la Vierge, le malade « régresse » à un stade antérieur à l’événement traumatique, cause de sa maladie, et cela lui permet de reprendre un évolution naturelle et saine. Comme le dit Jésus (Mat. 18,3), si l’on devient semblable à un petit enfant, on peut être sauvé.

 

Les guérisons miraculeuses des Évangiles

 

Tout ceci permet peut-être d’éclairer certaines guérisons « miraculeuses » relatées par les Évangiles. Une femme atteinte d’une perte de sang (Mat. 9,18-22) est guérie parce qu’elle touche le bord du vêtement de Jésus. Ce vêtement agit comme un placebo. En fait, c’est la foi que la femme a dans le pouvoir de guérison de ce vêtement qui l’a guérie. D’ailleurs, Jésus lui-même le confirme puisqu’il lui dit : « Ta foi t’a sauvé » et non pas « Dieu t’a guéri ».

L’Évangile de Jean (Jean 5, 1-9) relate le cas d’un malade qui vit depuis trente-huit ans au bord de la piscine miraculeuse de Bethesda et n’a jamais osé se mettre à l’eau. Vraisemblablement, au fond de lui-même, il n’a pas envie de guérir. Jésus lui dit simplement : « Lève-toi, prends ta natte et marche » ; et cela suffit à le relever et à le guérir. Le pouvoir de Jésus, par sa parole et peut-être par son regard, s’apparente à celui de l’hypnose. Ce pouvoir n’opère pas forcément, à proprement parler, une guérison, mais il annihile la résistance du malade à guérir. Et de ce fait, le malade guérit, peut-être par une guérison naturelle favorisée par l’effet placebo (le malade se décide enfin à vouloir guérir et à marcher).

Le possédé de Capharnaüm (Marc 1, 21-28) est, lui aussi, aliéné à des forces qui s’opposent à sa guérison. D’ailleurs, il accueille Jésus par ces mots : « Tu es venu pour me détruire » (autrement dit pour détruire le démon qui, en moi, me pousse à refuser ma guérison). Et l’exorcisme de Jésus consiste non pas à guérir le malade, mais à réduire ce démon au silence (« Tais-toi », lui dit Jésus). Il chasse la force qui aliène le malade et ouvre ainsi une brèche qui permet son auto guérison. Et Dieu dans tout cela ? On pourrait considérer que c’est dans les guérisons naturelles et spontanées que Dieu est le moins présent. Mais on aurait tort : c’est peut-être dans ces guérisons qu’Il l’est le plus. Les guérisons naturelles relèvent en effet de ce que les théologiens appellent « la grâce commune », celle par laquelle Dieu agit et guérit par le moyen des lois de sa création. Le miraculeux, c’est le fonctionnement de la nature.

 

 

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Bibliographie : Pierre Calvet, Alain Houziaux, Claude Kenesi, Eric Aymé Meunier, Didier Sicard, Jean-Jacques Wunenburger, Les guérisons inexpliquées sont-elles miraculeuses ? Atelier 2009

 

 

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